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Collègues Sitel

07/12/2006
Salut !
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Comme je m’y attendais, la population des techniciens de hotline est inéluctablement masculine. Ce qui se ressent évidemment sur la composition de mon groupe de travail. A côté de ça, le plateau des chargés de clientèle est résolument féminin. Les gros clichés sociaux professionnels.  J’ai sincèrement du mal à me projeter dans quelque relation que ce soit, avec les techs ou avec les chargées de clientèle. Le simple fait de savoir que ça aura une fin imminente, ne produit en moi qu’une seule chose, l’envie d’en finir encore plus vite. A peine la journée terminée, je me casse et j’oublie. Mais pour en revenir à quoi ? A qui ? Pour être franc, à mon niveau, un CDD de 6 mois, ça correspond juste à un tour de manège. Ça passe juste trop vite. Je n’ai le temps de rien, même pas de m’habituer, à peine le temps de me faire aux environs et de m’y repérer convenablement, pour user des services généraux et des lieux où s’approvisionner sur le plan alimentaire.
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Les CDDs s’enchaînent, les lieux de vie nouveaux défilent, j’en suis à mon 3eme job, en à peine deux ans ; je dis job à juste titre, ne parlons pas de métier quand on est sur un CDD, c’est juste un mensonge ; et surtout, j’ai toujours le sentiment de vivre au ralenti, entouré par des gens, actifs et consommateurs, qui essaient d’y croire et vivent surexcités, hystériques, dans un flux temporel frénétique et grouillant, qui ne me touche pas assez, dans le fond. J’ai l’impression d’ailleurs, de ne pas vieillir. Seule la théorie de la relativité expliquerait scientifiquement ce phénomène. Pourtant je suis loin de circuler à la vitesse de la lumière. C’est comme si mon temps était en mode slow motion par rapport au leur. Comme si les onze ans que je venais de vivre, ne m’avaient pas affecté, ou peut-être, comme si je ne les avais jamais véritablement vécus. Car la question que je me pose de plus en plus, ce n’est pas tant de savoir pourquoi je ne me suis pas battu plus que ça pour conserver « ma vie d’avant ». La question que je me pose de plus en plus, c’est de savoir pourquoi la personne que j’étais avant, une fois laissée pour morte, n’a pas concrètement et réellement réagi comme si elle était morte ; pourquoi par exemple, elle n’a pas pu pleurer sur son sort plus de 8 minutes montre en mains. 4 minutes au téléphone, 2 minutes dehors, 2 minutes devant le canapé. Il n’y a pas trente six explications. Je me regarde dans le miroir, et je me dis que la personne que j’y vois, à savoir, ce bien sympathique personnage qui a un incommensurable sens du service : n’existe pas.
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Puisqu’on en est à se poser des questions sur l’être et le paraître, à partir de têtes, celles des mes collègues à Sitel – semblent au demeurant tous aussi sympathiques et impliquées que celle de mon personnage l’est, dans le bien être du consommateur – client.
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Maxime
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