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Parasiter plus pour gagner plus

03/03/2019
  • ou quelques lignes pour résumer une bonne partie du fond des thèses anti-système.
https://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com/2018/01/

Nous supposons que la pensée anti-système, conçoit ledit système comme fonctionnant sur le mode de la pyramide humaine, et que donc, si l’on considère les sociétés humaines sur le plan économique, alors toute dénonciation du système équivaut à la dénonciation de l’arnaque d’un schème pyramidal.

Alors visualisons la pyramide sociale globale.

En haut de la pyramide, on retrouve les très riches, les grandes lignées familiales de grands banquiers, et autres administrateurs de banques centrales, qui vivent dans leurs produits dérivés, leurs manipulations du marché déconnectées avec les besoins de l’économie réelle, et qui déstabilisent artificiellement les marchés pour parier sur la fluctuations des valeurs, et se renflouent via la simple hausse des taux d’intérêt. Un boulot de feignasse au rendement galactique. Les grandes banques, dans leurs frénésie, n’ont aucune moralité : elles reçoivent du pognon, et jouent avec sur les marchés et forcément, cette posture les mettra toujours en haut de la pyramide. Elles reçoivent du pognon de n’importe qui et n’importe comment : même les prédateurs financiers, qui brassent du milliard en achetant et en vendant sans jamais s’occuper de la réalité du travail nécessaire derrière ou des conséquences humaines, sont accueillis avec bonheur par les banques, car l’argent qui vient leur permet de spéculer plus, pour gagner encore plus. Divers leviers et d’autres montages induisent l’enflement de bulles, puis aussi, le cycle d’exploitation des bulles, enfin, l’éclatement des bulles par l’augmentation des taux d’intérêt. Ainsi, les grands banquiers prévoient dans leurs modèles d’enrichissement spéculatif, la dette des entreprises, la dette des états, et à terme si le modèle n’est pas ou plus assez efficace, le dépôt de bilan, le chômage de masse réel, la faillite, car c’est là aussi, l’opportunité pour des prédateurs financiers de ramasser des biens réels sans efforts, avec de la monnaie papier, qui rachète les fruits de la dette. La perte des uns, c’est le gain à terme des autres, et donc en soi, cette perte correspond à un produit dérivé, qui peut être revendu et transformé en monnaie de singe. Ainsi, toute la finance se repait et se repaye avec quoi, avec autant de perspectives de gains que de pertes, et apparemment la perte est parfois plus sûre que le gain en terme de perspective. Ayez la vision d’un agriculteur entouré d’un bétail administré de loin, et qui planifie et prévoit selon un agenda décennal, la tonte des moutons en fin de cycle, et puis au final de plusieurs décennies, si le rendement n’est plus optimal, l’abattage des moutons, qui lui aussi est en soi rentable et porteur de certaines perspectives. Le haut de la pyramide reçoit donc l’argent de tous les niveaux du dessous, et même quand l’argent ne remonte pas comme prévu, il en reçoit de toutes façons, via la complicité irresponsable des « banques centrales », qui carrément, « créent de l’argent à partir de rien », et sans effort. Moralité dans l’iniquité : le sommet gagne à tous les coups, possède tout, rachète tout, et n’importe quoi, du réel, du potentiel, du probable, ou même du vent : pour le prix d’un bout de papier, et c’est pour ça qu’il est toujours tout en haut.

Ne cherchez pas le lieu de vie des banques les plus convoitées dans votre pays bien aimé, le vrai lieu de vie, il est situé dans des pays à la justice corrompue jusqu’à la constitution, pays autrement appelés paradis fiscaux, qui sont des enfers de corruption et d’hypocrisie, des lieux sans âme et sans histoire, pures utopies résidentielles, pour des banques où les prédateurs milliardaires et grands administrateurs ont acheté tout, même la conscience morale des autorités, et qui viennent y coffrer et sécuriser tous leurs milliards.

Puisqu’on parle d’eux, en dessous des banques, les très riches milliardaires, derrière leurs groupes financiers qui possèdent les entreprises exécutant les ordres de la finance. Les groupes peuvent perdre, mais plus rarement, car dotées d’un arsenal complet et une formule bien développée : une dose d’évasion ou d’optimisation fiscale, une dose d’obsolescence programmée suivie d’une augmentation éhontée des prix des « nouveaux » produits, une dose de contrôle médiatique par un lavage de cerveau nécessaire à la consommation, du lobbying et de la corruption massive auprès des pouvoirs publics afin d’obtenir un avantage, et : une dose de mise en concurrence déloyale des économies les unes avec les autres pour maintenir des salaires plus bas que bas, à des niveaux indécents. Les très riches milliardaires s’en sont gardés un maximum, mais, s’ils ne sont pas au top de la pyramide, c’est parce qu’ils ont placé leur argent sur des comptes en banque. Les quelques rares fois où les plus riches perdent un peu de leur richesse, c’est juste parce que, dans la vanité complète qui caractérise leur parcours, ils sont capables de rentrer en petite compétition les uns avec les autres dans le domaine des signes ostentatoires de richesse, et sont prêts à toutes les vacheries pour gagner leurs petites batailles narcissiques, les uns contre les autres.

Il y a ensuite les hommes d’états et leur suite administrative, soit disant adeptes du changement, et qui continuent à favoriser le système des très riches milliardaires, groupe & corporations financiarisées, qui possèdent des entreprises, avec les très riches banquiers qui attendent les revenus derrière. Les Parasites d’état sont des êtres traîtres, menteurs et corrompus par les grandes entreprises et les banques, et élus pour faire illusion sur le court terme auprès du peuple bonimenté les yeux dans les yeux. L’engagement populaire profond des hommes d’état consiste à imposer les peuples avec l’aide de la violence d’état légitime. Et pour eux, dans un second temps, à jouir des sommes accumulées, loin du peuple floué, une fois le mandat écoulé. Les hauts fonctionnaires et législateurs vendus, aux intérêts des banques privées, aux lobbies, aux corporations financiarisées jusqu’au bout du monde, servent souvent non pas l’intérêt sur place des peuples dont ils maintiennent les salaires au plus bas, mais leur petite carrière. Ils se foutent complètement de l’économie réelle et locale, des gens, et développant des politiques inefficaces, des budgets déficitaires, un surendettement d’état irresponsable, au service de quelques élus, de quelques groupes cotés en bourse, de quelques lobbies, et de quelques collusions amicales avec des milliardaires. Et, après eux : le déluge. Leur pays peut bien faire faillite. Dans le meilleur des cas, lorsqu’il faut s’occuper d’autre chose que de leur avantage exclusif, ils règlent les litiges et dommages collatéraux sociaux, en dépouillant Paul pour habiller Jacques. Ces hommes d’états, gouverneurs sans envergure et sans panache, sont les petits comptables de la misère sociale à l’avantage systématique des milliardaires, les seuls êtres humains qui comptent. Les chefs d’états et leurs gouvernements finissent par rivaliser d’imbécillité et favorisent finalement la fuite fiscale, la délocalisation des activités productives et à forte valeur ajoutée, et même l’intelligence. Quand la délocalisation et la désertification des villes n’est pas possible, ils finissent par « importer » la main d’œuvre délocalisée sur le territoire dont ils ont la charge, et donc, produisent directement in situ toute la concurrence déloyale attendue, qui tire tous les salaires vers le bas en créant un véritable « chômage de masse artificiel », pudiquement qualifié de « systémique ». Les hauts fonctionnaires eux ne produisent rien que l’impôt, mais votent spontanément l’augmentation de leur propre salaire tout en dissertant sur la fin de l’ascenseur social pour les autres : c’est la seule œuvre intellectuelle majeure qu’ils réussissent à pondre au cours de leur mandat, avant de renvoyer concrètement et uniquement l’ascenseur, non pas à qui vote pour eux, mais à qui finance leurs campagnes et leurs carrières consécutives (cf. grands groupes/banques/milliardaires financiers). A leur service et pour exécuter leur pouvoir, le seul ministère d’avenir pour qui veut accéder aux plus hautes marches de la traîtrise sociale, la seule administration qui marche, et qu’on a doté de toutes les innovations, de toutes les énergies, de toutes les réformes technologiques et de toutes les espérances : c’est l’administration fiscale. Les autres ministères, ils peuvent tous s’écrouler. La santé, on peut la réduire. L’éducation, on n’en a surtout pas besoin, surtout si c’est pour travailler dans le tourisme ou le tertiaire. L’armée, elle peut gueuler, elle est au bout du monde et ne risque pas de revenir faire un coup d’état. La police, tout juste équipée et formée, pour lui faire endosser le rôle de percepteur routier, assistant d’huissier, ou milice anti-émeutes et gardes du corps pour les très riches et leur petit business.

Ensuite, on a les mass médias, véritables organes de propagande dirigés par des milliardaires et des grands comptes voire des hommes d’états, pour manipuler psychologiquement les peuples, pour parler aux gens d’en bas et leur laver le cerveau à coup de faux journalisme et de faux débats moraux et philosophiques, d’ingénierie sociale, de happenings, de campagnes politiques menées comme des campagnes de pubs pour de la lessive. Les médias de masse, pourraient faire faillite du jour au lendemain s’il fallait compter sur la croyance du public en leur intégrité, et pour acheter leur idéologie à deux euros. Du coup, ils survivent sous perfusion, d’une part grâce à un divertissement abrutissant qui vient boucher le vide sidéral de la vraie production intellectuelle qu’on y trouve, et d’autre part et surtout, ironiquement, grâce aux subventions publiques. Des subventions qui garantissent un traitement médiatique à l’avantage du potentat qui garde ainsi un peu la main sur le script, sur la narration, pour ne pas perdre de pouvoir sur les esprits, qui ne connaissent le monde qu’à travers le prisme desdits médias de masse.

Ensuite, le moyen et le bas fonctionnariat, jaloux des sommes folles allouées aux appareils médiatiques et des ministères des finances publiques, menacé d’être plongé dans la concurrence avec les méthodes impitoyables du secteur privé, et voyant les rentrées d’argent filer dans les poches des banques et pas dans les leurs, exerce sur les politiques et les hautes administrations un chantage à la grève corporatiste et récurrent. Barricadés dans leur forteresse assiégée, ils entreprennent grève sur grève et coulent définitivement le budget des administrations pour lesquelles ils travaillent sans obligation de résultat ni responsabilité sur les conséquences : le coût de fonctionnement du secteur public s’en ressent de plus en plus, puis explose, les déficits explosent, l’absentéisme abusif explose, l’abus des arrêts maladie explose, l’incompétence explose, la grève quasi perlée, le gaspillage de l’argent public s’étend partout, gaspillage qui finit par être intégré dans le modèle économique des administrations, avec son cortège de répercussions : l’obligation d’embaucher des vacataires issus du secteur privé pour que le travail soit fait, et l’impôt supplémentaire, forcément qui augmente pour payer les vacataires et prestataires supplémentaires… impôt atrocement élevé, qui devra souvent lui-même être compensé par des nouveaux emprunts, et de nouveaux intérêts de dettes, auprès des marchés privés. Car n’oublions pas : chaque niveau doit se servir mais aussi, servir le niveau du dessus, jamais celui du dessous.

Ensuite on a les machines d’application de l’ordre social, les préfectures à la fois sélectionnées pour leur psychologie ultra obédientielle, rigide, et lâche, puisqu’elles sont indistinctement prêtes à collaborer avec une démocratie et avec une dictature fasciste, sans jamais savoir effectuer aucun discernement entre l’une et l’autre. On aura des préfets de la chose publique, se faisant un devoir de servir les intérêts d’en haut, en employant toute la violence d’état possible et imaginable, et dotés par le haut d’un arsenal de surveillance, de milices, de punition, et de réduction des libertés individuelles. Au cœur du pays des droits de l’homme, les prisons sont des lieux de punition qui font la honte des sociétés modernes, car le contribuable croit qu’avec ce qu’il redonne en impôt elles sont vastes et fonctionnelles, alors qu’en réalité, la corruption est telle qu’elles sont surpeuplées, et gérées avec des bouts de ficelles, de moins en moins de personnel adapté, et consolidées avec des clous rouillés. La Justice, se pare d’un ou deux magistrats héroïques, et de juges d’instructions exemplaires, qu’on ira citer dans les médias, ceci parce que le reste est à peu près désespérant d’impuissance devant l’intelligence des experts en droit au service des grands groupes qui créent la pauvreté et son cortège de délinquance. La justice est à deux vitesses, elle sanctionne le petit assurément, et idiote utile ou alliée objective, elle relâche qui sert les intérêts du pouvoir en place, lequel a, de toutes façons, tout pouvoir pour détricoter les lois qui n’arrangent que la poignée d’individus qui contrôle la situation.

Puis on va trouver les mairies des grandes agglomérations, qui s’endettent aussi, auprès des marchés privés pour financer des politiques du « mieux vivre ensemble dans la pauvreté », et qui doivent pour les mettre en œuvre, augmenter les impôts locaux. Les grands maires sont juste les contremaitres du pouvoir et appliquent à petite échelle locale ce que les hauts fonctionnaires corruptibles réussissent à faire au niveau global. On appelle ça les corps intermédiaires, courroie de transmission des ordres d’en haut. A part quelques exceptions, les grandes mairies plagient localement avec plus ou moins de talent l’iniquité des politiques globales. D’ailleurs, nombre d’élus aux plus hautes fonctions gouvernementales, promettent de faire au niveau global ce qu’ils auront fait au niveau local, mais c’est bien justement là un cache misère en terme d’innovation politique, dans la mesure où justement, la politique locale n’est un plagiat, un vulgaire copié collé.

Puis en dessous, on va trouver les mairies des petites agglomérations qui sont aux premières loges des conséquences de la politique centrale, et se doivent de résister à la désertification industrielle, et à l’abandon des populations, en abaissant l’ardoise fiscale pour les sociétés qui désirent installer leurs bureaux et les usines d’emballage de produits manufacturés à l’étranger, sur la commune. Et une fois l’activité implantée, les employés des « zones d »activité » qui deviennent résidant par commodité pourront peut-être faire vivre la supérette du coin. Les affaires venant, ils pourront tous enfin, au terme de quelques années d’avantages fiscaux, commencer avec bonheur, à payer plus d’impôts locaux.

Plus bas, les vaches à lait, les citoyens actifs, bientôt minoritaires, patrons de petites et moyennes entreprises, petits ou moyens commerçants, ou petits cadres plaçant leur patrimoine dans des biens immobiliers, ou encore, agents de maitrise, épargnants par nature leurs gains, et que la caste dominante veut siphonner. Pourquoi la siphonner, parce que lépargne, ça ne se risque jamais assez, dans des combines spéculatives, des produits dérivés à risques, qui arrangent bien le haut de la pyramide qui – lui – joue à qui perd gagne, et veut tout posséder ; moralité, si les vaches à lait gagnent assez, c’est pour en refourguer le maximum possible aux castes du haut, donc d’abord, via impôt exorbitant reversés pour des services sociaux, puis, en fin de parcours, tous les chemins mènent aux banques. Donc les vaches à lait, elles supportent sur leurs épaules tout le système de solidarité sociale par répartition, personne ne les aide et personne ne les encourage en retour. Le plan du système, les appauvrir plus, pour les pousser à risquer leur capital. Les pousser à bouger, et balancer leurs économies d’épargne, dans des opérations spéculatives, ou dans le remboursement de nouvelles dettes nécessaires, jusqu’à ce qu’elle n’ait plus d’épargne et vendent ou liquident. Jusqu’à ce que progressivement, elles soient déclassées et tombent juste au cran en dessous dans la pyramide. Les vaches à lait, ce sont les boucs émissaires du système : il en faut toujours, et elles sont particulièrement ciblées, parce qu’elles seules portent la seule valeur qui tient debout, l’économie réelle, et le souvenir d’un monde où l’argent était tangible et porté par un métal précieux, où il portait en lui-même la valeur d’un vrai travail et l’effort d’économie constituait le vrai patrimoine d’un homme.

Plus bas, les « travailleurs du tertiaire », qui au sein de leur catégorie sociale anormalement hypertrophiée, n’ont quasiment pas d’épargne à défendre, et pour cause. Les tertiaires triment sur les quelques jobs qui restent après la délocalisation et la désertification industrielle, à savoir, 5% de jobs intéressants en CDI, proposés au milieu de 95% jobs à la con, dont d’une part la sous-traitance pour des sociétés qui refusent de proposer à leurs salariés le boulot stupide et répétitif qui consiste à devoir rendre des comptes à leur propre clientèle en personne et délèguent cette tache ingrate à des tiers sous-payés ; dont d’autre part le reliquat astronomique du boulot non fait par les services publics accablés de retards et de dysfonctionnements ; le tout pour le salaire le plus minime possible et selon une convention collective au service de l’asservissement collectif ; les travailleurs du tertiaire, vivent de petits contrats précaires, et autres sous-jobs à temps partiel, honteux, à faible valeur ajoutée, psychiquement pénibles, et qui ne rapportent jamais assez à eux seuls pour tout payer.

Plus bas, les « travailleurs pauvres », qui bien qu’inéligibles à l’impôt, paient plein pot, l’impôt indirect dont la monstrueuse TVA, et qui financent sans le savoir le cirque démocratique, qui votent pour des politiques socialistes, au packaging médiatique compréhensif, mais aux résultats similaires. Les travailleurs pauvres vivent dans des logements sociaux plus ou moins salubres, ou sous les toits, ou dorment dans des arrière de camionnettes aménagées, voir sur la place du passager avant. Ils espèrent encore aux politiques de surface, qui suivront toutes in fine le programme profond des grandes entreprises et des banquiers, à savoir : l’appauvrissement social, l’asservissement par la dette, et la cyclique tonte, la spoliation prévue, le dépouillage programmé, au nom de l’enrichissement des mêmes, avec la même litanie à la bouche, l’idéologie de la real politik, réalité du plus bas des salaires possible et imaginable, quand bien même une fois miséreux ou quasiment à la rue : qui pourrait acheter le nouveau produit final haut de gamme ?

Encore plus bas, il y a les intérimaires errants, qui n’ont pas de parole, qui doivent changer de discours en fonction du caprice de leur maîtres de l’instant, du client-roi, et du patron-dieu ; nomades sous perfusion en banlieue entre deux allocations avec l’espoir de faire petite main d’œuvre ubérisée d’un jour, pour des hauts fonctionnaires prétentieux, qui eux restent groupés dans leurs ghettos chics, et tassés en centre urbains gentrifiés. Loin des centres policés, les journaliers vivent dans l’insécurité, les trafics de psychotropes, et s’enferment dans leur logement social aux dimensions étouffantes, sur un canapé, trompant leur tristesse dans l’ingestion de produits à base de sucres raffinés, dont on sait qu’ils forment la pire accoutumance et dont on a déjà mesuré les insidieux impacts sur la santé collective. Mais la misère n’est pas seulement alimentaire, ou même économique, elle est culturelle ; calée entre une drogue légale générique remboursée par la sécu, prescrite par un médecin généraliste démissionnaire, et une autre coupée et revendue au coin du HLM, la drogue médiatique des fake news et des programmes hystériques, sur l’écran géant, diffuse en non stop sur des chaines tv putassières, la vie rêvée des kardachiants, la réussite du gangsta rap qui se prend en selfie, et finalement, la putasserie médiatique auto-glorifiée. Avec pour seule fierté le défilé de mode sur le trottoir, et pour seul horizon : après un relooking complet, aller se faire foutre à hollywood.

Au fond à gauche, derrière les poubelles, ou dans une voiture où s’entassent des détritus utiles, non pas en bas de l’échelle mais derrière et sous l’escalier, les clochards, le quart monde, qu’on chasse toujours plus loin, loin des centres villes gentrifiés, au nom du projet vertueux, qui consiste à transformer les centres urbains en espaces touristiques admirables, où acheter des produits de luxe, et où l’on passe, sans rester longtemps, comme on s’arrête sans rester, dans un hôtel de passe quatre étoiles.

Plus bas, la caste majoritairement exploitée jusqu’à la moelle épinière, jusqu’au reins, jusqu’aux organes revendables, celle des esclaves, les clandestins, sur laquelle s’abat tout le contrôle possible et la violence imaginable. La caste des inexistant sociaux, qui triment, isolés et micro-managés, dans les industries cachées, retirées, ou délocalisées, parfois, au péril de leur espérance de vie. Loin des avenues commerciales, loin de la vitrine clinquante, ils triment, à l’arrière boutique, surveillés et punis, par des petits managers-contremaîtres aboyant leurs ordres absurdes, fièrement soutenus par des directions cyniques, aux méthodes illégales, elles même spécialistes du bourrage de crâne et prêtes à tout au nom de leur petite carrière. Les inexistants sociaux, qui par chance présentent bien au début, sont monnayés et jetés dans les bras de vieux prédateurs aux fantasmes hideux. Et s’ils présentent mal ou sont amochés par leur vie de servitude, ils sont alors parqués à l’ombre de bureaux clandestins aux fenêtres closes, dotés de machines branlantes ou dangereuses. Les inexistants sociaux, évoluent dans des contextes industriel toxiques tant sur le plan environnemental qu’humain. Et leur espérance de vie chute d’autant plus vite qu’ils travaillent pour une paie de misère, sans filet de sécurité. Vite changés en zombis, ils travaillent pour manger et, se nourrissent pour travailler, toujours plus vite et pour gagner toujours de moins en moins, sans se reposer, sans pouvoir prendre du recul, sans jamais pouvoir se libérer, s’émanciper, écrire leur vie, leur histoire. Même le suicide n’est pour eux pas une option : se défenestrant, ils sont récupérés dans des filets de sécurité, plus bas, et on les remet fissa au travail, pour leur remonter le moral.

Enfin, au plus bas de la pyramide humaine de l’inhumanité, dans les tréfonds des camps de consommation, l’élevage intensif de millions de bêtes conscientes, sensibles, et parquées dans des sombres usines, enchaînant gavage violent et abominable abattage. Une vie animale d’herbivores vouée à manger de la farine animale issue d’autres herbivores et de tonnes de grains fadasses issus de l’agriculture intensive. Une vie de désespoir, terne, longue, dans l’enfer de la surpopulation industrielle, dopée aux antibiotiques et produits chimiques suspects. Dans l’enfer du cri d’horreur des hangars clos et désespérées, le règne animal abusé, est battu à mort par des tueurs en série autorisés. Il n’a d’autre libération que celle de la mort rapide, et pour but, l’étalage de sa chair, sous cellophane, avec un code promo valorisé dans les rayons de supermarchés pour doper artificiellement la vente. Tout ça pour que les grandes surfaces qui s’imaginent cornes d’abondance, jettent une scandaleuse montagne de chairs invendues dans d’immenses poubelles à la fin de la journée.

Et pour nourrir cette humanité, l’extinction de masse, la déforestation, la disparition des espèces, la destruction des poumons planétaires, pour planter des céréales à refourguer en grande partie aux fermes animales. L’agriculture intensive aura détruit la biodiversité et la biomasse en général, du haut du ciel jusqu’à 6 pieds sous terre, à coup de pesticides, et de plantes génétiquement modifiées pour être rendues stériles avant d’être copyrightées. A coup de dopants, de roundup, d’engrais azotés, les petits ruisseaux, les grandes rivières, les embouchures, et les océans, sont pollués pour des millénaires, les poissons intoxiqués s’échouent par milliers sur des plages, afin de satisfaire les carnets de commandes de ceux qui intoxiquent les autres, et eux, mangent bio.

Au fond du fond, au bout du bout de l’absurdité, on abat la foret qui reste, et on achève les animaux paniqués qui s’y abritaient encore, pour planter des champs de colza étrangement silencieux, sans vie, qui n’intéressent ni les insectes, ni les oiseaux, ni le règne animal, ni aucun écosystème. Des champs morts, plantés en carrés rectilignes, jusqu’à l’horizon, et pour en faire quoi, du carburant, pour des camions tracteurs, des machines motorisées d’épandage de pesticides.

Les philosophes des lumières d’hier, ils faisaient dans leurs livres l’apologie de l’homme qui cultive son propre jardin. Les illuminés d’aujourd’hui, ils font l’apologie de l’appropriation du jardin des autres pour le raser, le goudronner et en faire un parking payant, pour y garer sa bagnole le temps d’un aller et retour au supermarché en zone périurbaine, où acheter, au rayon frais, de la viande à manger en promotion.

Mangez-bougez, bossez-payez

Il va falloir en manger de la viande en promo, pour avoir l’énergie de payer des dépenses en alimentation qui explosent, à cause de la spéculation sur les denrées, et à cause de la cupidité cruelle des lobbies, des sociétés financières qui reversent aux petits agriculteurs, même groupés en coopératives, une misère sur leurs profits astronomiques, en attendant quoi, qu’ils croulent sur leurs dettes obligatoires, et se suicident, et qu’on puisse racheter leurs terres à leurs ayants droits attristés, le tout, sans trop d’opposition.

Il va en falloir de l’énergie, pour gagner de quoi payer pour le courant électrique, et l’assainissement des eaux potables contaminées par l’exploitation des terres rares et la fracturation hydraulique.

Il va falloir de l’énergie pour gagner de quoi payer le cout des produits high tech de luxe, pondus au bout du monde par des enfants esclaves asservis au nom de la concurrence déloyale.

Il va falloir en manger, encore et encore, pour avoir l’énergie de payer tous les crédits à la con, quasi obligatoires pour commencer à juste vivre normalement ou même commencer à travailler. Un crédit pour payer les études, la chambre de bonne hors de prix, la première voiture branlante, pour en payer le carburant dont le prix augmentera jusqu’à l’insupportable quand aucune autre solution équivalente n’existe vraiment. Un salaire minimum éternel, qui induit un nouveau crédit, pour payer le plus basique, et au final pour payer les impôts locaux. Opération ultime, un crédit pour accéder à la propriété privée, elle-même obtenue au prix d’une vie de sacrifice, et qui débouchera sur des nouvelles taxes et des nouveaux impôts sur la propriété. Impôts prévus pour devenir intenables, et se sur-rajoutant aux intérêts des crédits à payer et à de nouveaux impôts directs, et indirects, avant la revente au rabais.

Il va falloir en remanger, de la viande en promo, pour avec l’énergie de gagner de quoi payer le soin de sa gastro-entérite, de ses maladies cardiovasculaires, de son diabète de type 2, de ses inflammations, de ses allergies, de son asthme, de sa malbouffe, de son obésité, de son cholestérol, de son intoxication au tabac, de sa dépendance physique complète au médicaments, dépendance bonne à taxer, pour faire vivre tout le système qui s’enrichit dessus, c’est à dire, le ministère de la santé, régulièrement visité par les producteurs et revendeurs de solutions médicales adaptées.

Et il va falloir manger et manger et remanger, de la chair animale industrielle, pour avoir l’énergie de payer les impôts colmatant les intérêts de la dette abyssale des états souverains, le trou noir supermassif économique, gouffre sans fin contracté par les cons souverainement irresponsables, situés juste au dessus et au dessus d’eux encore, à la chaine, pour qu’un monde asservi par la dette appartienne bien à quelqu’un.

Il va en falloir de l’énergie pour payer le cout de fonctionnement d’un système pyramidal, entièrement au service de fainéants, qui spéculent sur la faillite du paiement des crédits. Un système qui crée de la monnaie à partir de rien, qui envoie des huissiers rapaces tout récupérer, avant de spéculer sur les profits de la revente des biens rachetés une misère. Il en faut de l’énergie, pour alimenter un système qui interdit à tous d’imprimer de la monnaie, mais qui s’enrichit lui-même avec la planche à billets, la planche à fausse monnaie. Pour un système qui se fait du fric à tous les coups, même sur la faillite des autres. Un système qui se trouve vertueux à « gagner sans rien faire » mais qui en contrepartie, assène aux autres, les yeux dans les yeux, dans des médias vendus, des vérités culpabilisantes, sur l’incapacité des pauvres gens, à travailler assez concrètement, sur leur irresponsabilité, sur leur infantilisme, sur leur impuissance à contribuer à la croissance des courbes, entre deux contractions économiques, deux récessions, deux dépressions historiques programmées.

La condition de l’homme nouveau, c’est d’être responsable et coupable, des déstabilisations de marchés, d’un chômage cycliquement conçu, et de ne plus pouvoir payer des crédits contractés auprès des banquiers pour payer des nouvelles taxes et de nouvelles lois réglementant de nouveaux impôts aux logiques débiles, pondus chaque jour ex nihilo par des cons toujours au dessus. La condition de l’homme nouveau c’est de cumuler de la culpabilité avec ses dettes, culpabilité qu’on ne peut jamais alléger, même en cumulant de plus en plus de jobs, d’ailleurs, absolument conçus comme minables. La condition moderne, c’est de père en fils, de rembourser des crédits, contractés pour une bagnole dotée d’un moteur à explosion au concept éculé, ou pour une maison familiale au rendement thermique aberrant et bourrée de perturbateurs endocriniens. C’est de payer pour une maison hyper-dépendante du réseau, et au cout de fonctionnement abyssal. Le tout en n’ayant dan cet esclavage par la dette, même plus le temps de fréquenter sa propre famille, de plus en plus divisée, et de plus en plus dysfonctionnelle, et qu’il faudra soigner, en premier avec une thérapie familiale payante, remboursée par la sécu, c’est à dire, par des impôts. Et en second, qu’il faudra définitivement soigner, avec l’aide d’un service juridique, qui organise le divorce, la séparation des biens, des vies, des meubles, des enfants, des animaux domestiques, des plantes.

La condition existentielle du nouvel homme, c’est de soutenir jusqu’à l’absurde, le poids d’un système qui augmente au dessus de lui, jusqu’à l’effondrement.

L’effondrement pyramidal

Le monde se divise en deux catégories. D’un côté ceux bossent vraiment mais s’appauvrissent inéluctablement dans le système qu’on leur a fait, et donc s’affaiblissent, et de l’autre une caste de parasites, qui ont conçu un jeu truqué où ils bossent le moins possible, et gagnent à tous les coups. Le système est au service des idéologues du moindre effort pour eux mêmes, mais qui demandent aux autres toujours plus : jusqu’à ce qu’ayant atteint un certain niveau d’entropie, le système s’écroule, s’effondre sur lui-même. Car je crois qu’on a oublié le principe d’une pyramide, même humaine. La pyramide, à la base, elle doit pouvoir être suffisamment solide et avoir assez d’énergie pour supporter « la charge ascendante » : et le siphonnage des fondements de la base jusqu’aux structures médianes, ne peut que contribuer à son écroulement en cascade.

Or, il faut le dire, au sujet de cet effondrement, s’il est redoutable, il est exceptionnel. Car l’édifice ne tombe pas si facilement. En effet, une pyramide est par nature stable et vouée à résister aux temps.

Aussi, comme pour tout édifice, même pyramidal et donc stable, quand le poids en haut est trop lourd, et la base est trop faible, les fissures apparaissent-elles inéluctablement. Les fissures sont verticales. Socialement ça se manifeste par le spectre d’un conflit vertical, qui se profile, c’est à dire quand les niveaux du bas pour leur survie, se doivent de faire cesser le drainage en provenance du haut du panier. Le spectre d’une révolte directe contre des élites parasites et les traîtres à leur service se profile et le sommet chancelle sous les coups de semonce qui lui sont envoyés. Or, le système n’est jamais aussi dangereux que lorsqu’il se sent menacé dans son pouvoir et qu’il a encore les moyens de le préserver.

Quand il ne convainc plus par les moyens usuels, il a un toujours un recours, sous la forme d’une petite diversion qui convertit le conflit vertical contre les élites, en conflit horizontal : il crée de toutes pièces, une guerre entre voisins de pallier.

La guerre des voisins de pallier, c’est la solution des très riches au risque de la perte de leur ascendance. On y envoie les plus velléitaires, pour y casser leurs pipes, au nom de la sécurité et de l’ordre général. Complètement bidons et artificielles, médiatiquement promues, les guerres de voisins de paliers démarrent par des attaques sous faux drapeaux, pour légitimer chez le peuple un besoin de protection et d’ordre que l’état peut justement procurer, et pour susciter des vocations à y mourir en héros. Les attaques sous faux drapeaux, s’ajoutent à la longue liste des traitrises, des crapuleries, des mensonges, des combines, des fautes morales, des fausses solutions, des manipulations, des logiques économiques foireuses, des déficits, des pertes, des truandages, du vol, de l’arnaque sociale totale, qui émaillent le quotidien des sociétés de moutons régulièrement tondues ou abattues. Indéniablement, lorsqu’un risque de soulèvement populaire pointe autour du palais et des villas des indignitaires associés, on trouve toujours des conflits de voisins de paliers, qui surgissent au coin de sa propre rue. Qu’elles soient civiles ou tournées contre un ennemi extérieur imaginaire, les guerres : surviennent toujours à point nommé.

Et une fois l’attention monopolisée par les guerres artificielles, et l’obligation catégorique de financer – par devoir – l’effort de guerre, ou d’y participer et y perdre malencontreusement la vie, et une fois l’esprit parasité par la haine du voisin, par la violence contre lui, une fois l’hystérie victimaire passée, et les lignes d’opposition internes disparues dans le chaos de la guerre, une fois les générations rebelles sacrifiées, les élites parasites refont surface, sortent de leurs trous, de leurs solides abris qu’ils ont préparé sous des décombres, et après avoir détruit un monde qui les menaçait, rebâtissent un monde nouveau, un nouvel ordre, pour y pomper un peu plus totalement l’énergie vitale qui reste, s’il en reste encore.

Après la guerre

Il arrive donc que la pyramide s’effondre, après la guerre.

Car comme toute chose, la guerre aussi, en tant que solution, peut s’émousser, et structurellement, peut finir faute de moyens, ou par faute de talent à savoir la justifier, par s’effondrer.

Pourtant l’imagination humaine est riche et il en existe des sources de conflits, à petite, moyenne ou grande échelle. De la guerre des chaumières à la guerre des étoiles, il y a de la marge pour s’occuper.

Mais, en effet, tout s’use, même les ficelles les plus efficaces, les plus solides, rompent.

Quand tout le monde a ouvert les yeux, à la fin, quand même l’exploitation de l’instinct de survie contre le voisin de pallier ne marche plus, quand la lassitude gagne l’âme jusqu’au point où vivre ou mourir ne fait plus aucune différence, lorsqu’on ne peut même plus invoquer le chaos, pour justifier l’ordre, ni la guerre civile pour justifier la paix des esclaves, lorsqu’on ne peut plus marcher aux faux terroristes, ou croire à la mise en scène de la fin du monde, ou s’effrayer à la lecture de l’Apocalypse selon le Saint Présentateur TV, quand on le peut plus craindre les astéroïdes déviés de leurs orbites, ou la fournaise climatique polluée, ou le dernier accident nucléaire, ou le nouveau virus sorti des usines de fabrication d’armes bactériologiques, ou la disparition de la couche d’ozone, ou l’inversion des pôles, ou le dégazage de masse coronale solaire, ou le grand tremblement de terre, ou l’explosion imminente d’un super-volcan, ou le déluge, ou l’âge de glace, alors, le système s’effondre vraiment.

Et il s’effondre comme le château de cartes truqué qu’il est. Il s’effondre, rapidement, brutalement, à l’instar de l’abandon brutal et définitif des cités des civilisations amérindiennes, bardées de monuments pyramidaux, et désertées par leurs habitants qui ouvrent tous en même temps les yeux, sur la réalité : ils ont voué leur vies et leurs âmes à des faux dieux.

Les parasites jettent alors un dernier appel pathétique, avec pour slogan officiel : « Sauvez les riches », l’avant dernier sursaut d’ingénierie sociale d’une caste qui veut que le monde la sauve, elle, qui a prévu au nom de son pouvoir, le sacrifice et la désolation du monde.

« Sauvez les riches », c’est le slogan qu’on entend quasi ouvertement, avant quoi, avant le grand saut final, le grand salto mortale arrière, avant le grand fracas, où tout ce système foireux ne vaut, à proprement parler, plus rien du tout.

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