Archive

Archive for the ‘My Life’ Category

Tête Update 3.0

05/04/2016 Commentaires fermés

 

12931079_10154199451824905_6099477799411509738_n

Maxime LORRAI avec une barbe de 3J

12439349_10154208023099905_3771732025706738816_n

12973573_10154209609059905_5203862756843508176_o

MAXIME LORRAI dans un TGV Grandes Lignes

Catégories :My Life, Photos Étiquettes :

Des zombis au super-marché, ou le manifeste du célibat choisi

09/03/2016 2 commentaires

 

costco-line-grocery-supermarket-checkout.png

La même origine

T’es tu jamais demandé(e) pourquoi tu ne supportes pas d’être seul(e) avec toi-même ?

 

On te dira, « c’est parce que tu n’es pas fait(e) pour être seul(e)« . C’est peut-être vrai. Mais, ça pourrait tout autant être faux. Car au fond, considère la quantité statistique énorme de séparations qui affectent les vies humaines, séparations auxquelles tu assistes tous les jours, et tu sauras alors, que les gens ne supportent finalement pas mieux d’être longtemps seuls, que d’être longtemps en couple.

Ce simple fait statistique, devrait te mettre la puce à l’oreille.

Les gens au fond, s’ignorent eux-mêmes, et ne jouent que des rôles. Acteurs de séries A, B, ou Z, ils espèrent jouer un beau rôle, et déclarent aspirer à vivre « une belle histoire ». Car au fond, le beau script, qu’il soit celui du célibat libérateur, ou celui du couple, doit suffisamment plaire.

Et pourtant même si tu sais au fond déjà tout cela, tu ne peux pas t’empêcher d’écouter les voies de la raison sociale et, dans un moment de faiblesse et de fatigue, de te mettre ou remettre à croire, sur parole, aux mirages de ta société de consommation, qui te vend quoi : le joli rôle de l’amoureux, de l’amoureuse.

Car oui, tu vis dans une société de consommation. Et non ça n’est pas sans conséquences sur les histoires qu’il va falloir te raconter, ou raconter aux autres, dans ce contexte.

Et plus précisément, tu vis dans un monde humain où la densité de population au mètre carré va crescendo, et est vouée d’ailleurs, à augmenter inéluctablement. Et à moins d’être en état de réclusion perpétuelle, dans un coin paumé au beau milieu de nulle part, la compagnie des autres n’est pas forcément choisie mais souvent subie. Tu te retrouves systématiquement observé(e) par quelqu’un, et ton comportement, volontairement ou même involontairement observé, devient de fait, un spectacle obligatoire, qui en dénature l’authenticité inaugurale.

Dans cette espèce de « scène » qu’est devenue ta vie sociale, l’eldorado, c’est soit un rôle agréable à jouer qui passe bien, devant un « bon » public plus ou moins dupe, soit, au contraire, un moment de solitude, lui-même socialement médiatisé, où l’authenticité et la sincérité d’un script plus personnel, deviennent enfin possibles (même si l’on peut pour autant dire que rien n’est garanti et même s’il ne faut pas y regarder de trop près non plus).

Mais, t’es tu jamais demandé(e) si, le fait de ne pas supporter d’être seul avec toi-même était la conclusion d’un raisonnement personnel, ou si ce sentiment pesant, ne venait pas plus directement du poids de ta culture ?

Car parlons de ce poids. Comme trace. Comme signature. La signature d’une contrainte.

célibataire

On a évoqué plus haut, le poids du couple qui d’un côté, produit la réalité statistique des « désunions » spontanées.

bored-couple

Il est de même coutume de parler du poids du célibat, quand il est subi et pas choisi, qui pousse les gens à s’engouffrer dans le marché des rencontres actives, réelles ou plus récemment, virtuelles.

Mais, je te demande : ces deux poids, ne proviendraient-ils pas exactement de la même origine ?

Le poids du célibat subi

Puisque tu sais que tu vies bel et bien dans une « société de consommation », tu n’a pas pu manquer le fait que ta culture est possédée par un programme particulièrement rigide, qui ressasse, infatigable, son grand « amour de super-marché »… le tout, pour en faire, non pas un trouble rare et improbable dans ton existence, mais bien un fait presque « normatif ». Qui implique une démarche de promotion répétitive et obsédante. L’amour récurrent dont tu entends parler, dans les médias, dans les chansons populaires, dans les slogans publicitaires, dans les réclames pour la viande hachée bovine ou le camembert, cet amour, qu’on fait avec une majuscule ou une minuscule, ne fait de toutes façons jamais « effraction » dans le réel social, mais en est – au contraire – un pur produit, dont la quantité doit sortir suivant des perspectives prévues.

Et si tu te donnes la peine de regarder à l’horizon, le point de visée de ce produit sentimental, son but, c’est la reproduction par l’activité sexuelle, « en l’état », des classes sociales, qui seraient elles-mêmes déterminées non pas par quelque valeur que ce soit, mais par leur capacité (plus ou moins grande) à consommer des biens, qui sont produits pour elles. En premier lieu, au vu de ce précédent constat on peut se dire : la boucle est bouclée.

5488a398f4087_-_rbk-couple-in-grocery-store-1-0211-xl

Et, si cette société te parle de « faire l’amour », avec majuscule ou pas, peu importe, ça n’est pas pour autre chose que pour augmenter au final, le nombre de ses propres consommateurs et assurer ses perspectives de croissance, quand elle le souhaite – de ce fait, si tu fais une analyse systémique de ta place dans ton monde, ton sentiment que tu croies être intime, se révèle en fait comme étant une variable d’ajustement elle-même produite de l’extérieur.

Ce programme idéologique (car c’en est un) peut paraître similaire au surgissement d’un bug, mais il ne s’agit pas du tout de cela, car ce programme est prévu et il conduira logiquement tout célibataire qui reste sous sa zone d’influence, à subir premièrement une « pression sociale conformiste », dont l’objectif est de le pousser à « jouer un rôle » amoureux, d’apparence agréable à regarder, et même, agréable à jouer tout court.

Mais, remarquons (et c’est fondamental) que jouer ce rôle, même agréable sur le coup, ne suffit jamais assez aux personnes concernées. Elles ne peuvent s’empêcher de vouloir se montrer et se remontrer plus, et convoquer vainement la société des témoins de fortune, à devoir effectuer la validation de leur rencontre, de leur amour, de leur bonheur qui doit, absolument, s’afficher pour être vrai.

Pourquoi devoir sans cesse immortaliser en clichés un sentiment partagé ? Pourquoi tendre ces clichés à tous et en particulier même à ceux qui n’y voient rien et qui ne peuvent du reste rien vérifier ?

26683975-Happy-young-couple-taking-a-selfie-with-a-smart-phone-while-shopping-at-the-supermarket-Stock-Photo

Pourquoi demander aval, confirmation, autorisation, reconnaissance, et inlassablement, réitérer cette demande au même public ? Pourquoi porter cette demande de reconnaissance, inquiète, au devant des illustres experts, alter égos, scientifiques, et autres critiques savants, qui servent de public dupe, ou semi-dupe, dans le maintient fragile de ces « scènes » ?

As-tu pu jamais te demander, si au fond, ton besoin de reconnaissance des amours que tu vies à la chaîne, ne trahissait pas l’insuffisance essentielle de ce type de rôle, si beau soit-il, si agréable soit-il, si bien joué soit-il ?

Une société qui valorise des « rencontres », puis des « vies de couples », et enfin, tous les clichés qui vont avec, te conduira tôt ou tard à t’imposer la mise en scène de « son » propre script, et au delà : à imposer « ses » propres valeurs, lesquelles, aboutissent à la procréation planifiée, selon des mécaniques complexes, visant en bout de course, à transformer ton existence en paramètre variable dans un algorithme ajustant la capacité de production à la perspective de consommation.

Et les moyens sont variés. L’invasion médiatique est déjà un fait social total. L’arsenal des arguments va du chantage, de l’ultimatum, des jugements de valeur, de l’opprobre, du mépris, en passant aussi par des promesses de bonheur, de santé biologique, de longévité, de rajeunissement, de rémission du cancer, d’épanouissement de soi béat : la société « moderne », (c’est à dire aveugle et sourde  à la conception « antique » de l’amour qui, elle, faisait plutôt de ce sentiment une vraie maladie), utilise toutes les ficelles possibles et imaginables pour faire que toute ta motivation à vivre en couple, aboutisse à « plus » de consommation.

Car tu le sais : se marier et fonder une famille, se traduit par quoi : s’engager sur 20 ans ? Faire des crédits à la consommation ? Acheter une cuisine équipée ? Augmenter les carnets de commande des industries de l’électro-ménager ? Vendre d’occase ta bagnole et racheter une familiale neuve avec toutes les options ? Réserver une suite dans une résidence de vacances familiale pension complète ? Faire tourner les agences de voyages ? Faire tourner les prestataires et fournisseurs des compagnies automobiles ? Garantir les revenus pétroliers ? Alimenter un plan épargne logement ? Louer un appartement doté d’une surface plus grande qu’on n’aurait pu louer avec ses seuls revenus ? Acheter et devenir propriétaire d’un bien immobilier dont on n’aurait pas eu les moyens avec ses seuls revenus ? Faire tourner l’industrie de l’ameublement, et du bâtiment ?

Même ton ambition ultime, secrète, celle que tu ne révèles quasiment jamais, qui veut que tu améliores ta « position sociale », ne pourra se traduire dans cette société, que par l’amélioration de ton « pouvoir d’achat ». Et le couple, n’est qu’un moyen comme un autre de manifester cette aspiration à vivre cette augmentation. Au fin fond de l’idéologie qui habite ton ambition sociale dis-toi bien que celui ou celle qui dispose d’un grand « pouvoir d’achat » mérite même d’avantage de se reproduire, que celui ou celle qui en dispose moins, ou qui n’en dispose pas du tout. En haut de l’affiche, le riche homme d’affaires, qu’on veut rencontrer ou élire président même si c’est un gros connard menteur et vaniteux pour peu qu’il brasse du milliard même s’il est endetté : c’est lui, qu’on poursuit de ses assiduités, et pas l’autre, en bas de l’escalier au fond derrière la porte de sortie, le clodo, au chiffre d’affaire zéro, voire négatif, qui ne peut rien acheter, même pas des vêtements neufs, rejeté entièrement, d’un seul regard, d’une fraction de secondes.

Et si encore cette magnifique idéologie avait quelque fondement « naturel » : mais non. N’étant pas fondée naturellement, ni même, économiquement, ni encore, écologiquement, et encore moins moralement, l’idéologie de la société de consommation échoue dans le chômage de masse, dans le cas social, dans le quart monde, qui survit sur des montagnes de détritus qui représentent une surconsommation qui tourne à vide. Échec du bonheur social, qui transporte statistiquement, comme on l’a dit plus haut, plus de la moitié du monde, sur la voie de la désillusion, et enfin, sur une nécessaire séparation. Mais, alors qu’on pourrait croire que cette nécessité (comparable au bol d’air qu’il faut pouvoir prendre lorsqu’on a trop longtemps gardé la tête sous l’eau) nous pousserait à refonder complètement notre rapport au social, c’est là qu’en pleine transition, on se ré-expose exactement aux mêmes logiques.

Je veux dire, qu’on passe du couple programmé, scripté, intéressé, au célibat lui-même pareillement programmé.

Oui, sache que la vie est longue et que l’espérance de vie moyenne d’un individu, dépasse nettement la durée de vie du « modèle économique du couple ». Pour la société, le ou la célibataire, de toutes façons, c’est un consommateur, une consommatrice, qui agit comme une « alternative », une fois le modèle économique du couple arrivé en « fin d’exploitation ».

 

when-couples-dont-attract

Interroge-toi sur ta séparation. Lorsqu’elle intervient, comment verbaliser cette séparation, d’une façon crédible, c’est à dire authentique ? As-tu pu remarquer comment tes mots, tes phrases, s’inspiraient de quelque-chose que tu avais déjà entendu ailleurs, et comment ces mots sont faiblement personnalisés ? As-tu pu jamais remarquer que les propres termes de ta séparation, sont atrocement scriptés, par quoi, parce que tu as lu un jour, dans un livre, par des formules toutes faites, entendues dans la bouche d’un spécialiste, par des bouts de paroles d’un autre acteur, qui viennent d’ailleurs, copiées-collées, plaquées sur les circonstances, et rapportées telles quelles, peu importe qu’elles collent vraiment ou pas au contexte ? Au regard de cette réalité que tu n’as pas pu manquer : ta vie de consommateur ou consommatrice célibataire, s’inaugure sous les mêmes auspices, que ta vie de couple de consommateurs.

Ces vies se parent de scripts et s’exécutent presque de la même façon, et suivent des objectifs quasi similaires. Elles sont des programmes extérieurs à ta volonté issus d’une pulsion sociale plus forte que toi, elle-même, motivée par des logiques articulant des masses de consommateurs et des capacités de production.

craig-whyte-2963297

Compte bien, au fond, le nombre de jours où cette jolie société aura souhaité te laisser juste libre, face à la mer, authentique, sans avoir à composer un rôle plaqué, surjoué, faux, au service de logiques sans aucun rapport avec ce qui compte, et qui, en plus, sont dysfonctionnelles…

Tu es jeune, plein(e) d’avenir, rempli(e) d’espoirs, tu rêves d’une vie qui t’emporte et sorte du cadre ; et tout ce qu’on te propose, c’est de rentrer dans ce rang, de passer un casting pénible, pour finir par faire quoi, slalomer entre le rayon des surgelés et le rayon des produits d’entretien ménagers, avec ton pouvoir d’achat, avec la compagnie que tu mérites au vu dudit pouvoir, et reproduire du déjà-vu, de répéter du déjà entendu, de te conformer à un discours de réclame télévisé, dans lequel tu as finalement de moins en moins l’occasion de développer ta parole propre.

world-war-z-movie-supermarket-shopping-cart

Et au delà, une fois atteinte la limite économique du procédé, te vois-tu, poussé par ce même public, à effectuer ta « séparation de biens » acquis à deux, pour racheter à titre individuel, la télé qui te manque, qui te rappelle un peu cette télé haut de gamme que tu avais pu acheter à deux, et que l’autre a gardé ? Acheter à titre individuel, cette cafetière perdue, ce canapé resté là-bas, ce matelas, ce frigo, ces placards en contreplaqué, cette radio FM, ce magnétoscope, ces balais, cet aspirateur sans sac, et autres brosses à chiottes, qui soudain, ré-augmentent les carnets de commande de ceux qui t’auront vendu le haut de gamme du bon vieux temps où ton couple en avait les moyens ? Les termes et objectifs de ton « célibat » ne se traduisent pas mieux dans la réalité, finalement, que ceux de ta vie de couple : tu finis par arpenter les mêmes rayons de super-marchés.

1236707-man-pushing-trolley-along-supermarket-grocery-aisle

Comment te sortir de ce cauchemar économique et social qui veut , absolument, perdurer, de générations en génération, d’union en séparations, en traduisant pour toi tout ce que tu vis en achat et en vente, en gain et en perte, en pouvoir d’achat plus haut ou plus bas ? Comment te réveiller pour de bon, de ce lavage de cerveau qui plus est illusoire et finalement, inopérant ?

La solution, serait-ce écouter sa petite voie intérieure, celle qui te révèle que ce n’est pas être « l’acteur » ou « l’actrice » de ta vie, qui compte, mais bien, en être «l’auteur(e)», et de façon exclusive ?

Au sein d’un couple inconscient de ses motivations, le système agit, et tel qu’il est conçu, il veut que 99% du script verbalisé, et des actions entreprises, ne provienne en fait finalement jamais vraiment du couple lui-même. Le script vient d’ailleurs, il vient d’un film, d’une scène dans un film, d’un fantasme filmique, fugitivement évoqué, et la modernité en offre un paquet, avec tous ses poncifs, son prêt à penser, prêt à paraître, prêt à ré-employer.

Les acteurs de leurs vies, ne deviendront même plus des acteurs vedettes, mais des second rôles, puis des doublures de scènes avant de se révéler comme étant : des figurants et figurantes, qui, de photos en photos, font bonne figure.

Quant aux célibataires ramollis, font-ils digne concurrence avec leurs selfies ? Non, car si c’était suffisant, ils n’éprouveraient pas le besoin d’en faire 150 à la semaine.

perche-selfies-arm-bras-coupe-iphone-smartphone-3

Des bonnes pratiques du célibat

Comment croire à la valeur d’une vie de couple qui se fonde sur l’inaptitude à la solitude ? J’aime à croire que je choisis le couple pour lui-même et pas pour fuir ou refuser une solitude que je ne surmonte pas. J’aime aussi à croire qu’on m’aime pour m’aimer, et pas « par peur » de rester seul(e).

Je ne suis pas en train de faire l’apologie du célibat, mais je suis en train de parler de la façon dont nous donnons de la valeur à nos choix de vie, en nous assurant qu’ils viennent bien de nous, et en nous assurant qu’ils soient respectés une fois décidés.

Disons que le choix de la vie de couple respectueuse de la relation, forme un exercice de volonté certain, mais, la volonté nécessaire pour accomplir ce choix, reste assez « suspecte » : car l’idéologie sociale ambiante est plus « incitative » sur la question des unions que sur celle des séparations.

Tout choix d’union est, de ce fait, un peu plus « facile » qu’un choix de solitude assumée. Est-ce en voulant vivre à deux, dans une société qui – selon les termes d’un artiste célèbre – « beugle la couleur de l’amour », que tu vas vraiment éprouver la force de ta volonté d’être une personne authentique, et ta capacité à faire respecter cette aspiration à accoucher de ton propre style ?

Reconnaissons que, le choix du célibat implique une indéniable motivation, un indéniable courage, quand il s’opère en véritable conscience.

Et, si tu veux pouvoir être, et surtout, rester célibataire, consciemment, sur le long terme, et résister aux pressions sociales, pour te donner l’opportunité d’être enfin auteur(e) de ta vraie vie, en évitant tous les pièges et toutes les ruses qui te conduisent à gâcher ton temps, pour suivre le caprice d’un marché de dupes sans créativité, alors, il vaut mieux commencer par maîtriser les bonnes pratiques du célibat.

Bien sûr, cet article ne se destine pas aux experts déjà avancés dans le domaine, mais surtout, à ceux qui se sentent désarmés en la matière et sont tentés de se précipiter sur une nouvelle union qui viendrait avant même que ne soit faite le deuil de l’ancienne, la remplacer à plus ou moins court terme, pour la répéter, pour la reproduire encore plus profondément.

Suis donc, s’il te plait, les conseils secrets qui vont suivre et t’aider à surmonter un cap.

Si tu vies en couple, et que ton ou ta partenaire te dicte lentement mais surement tout ce que tu dois faire, ou être, c’est à dire, qui t’impose un paraître, où tu ne t’exprimes pas, et si tu ressens l’envie d’une autre vie, mais que, tu n’arrives pourtant pas à franchir le cap, alors lis la suite de cet article, qui peut te donner les clés pratiques, pour changer ta vie.

Une chose que tu dois savoir, c’est que la méthode que je vais décrire – contrairement à toutes les autres méthodes que tu as pu essayer pour « garder ton couple » de peur qu’il ne t’échappe, ou « retrouver une nouvelle personne » par peur de rester seul(e), et qui se révèlent vite inefficaces – marche concrètement. Et pourquoi ça marche : parce cette technique est basée sur des faits observables, scientifiquement prouvés et validés par l’expérience.

Les résultats scientifiques, obtenus par cette méthode, sont si rapides et si bluffants que tu vas t’étonner de leur foudroyante efficacité. La recette est aussi tellement simple, tellement évidente, que tu regarderas toutes les autres techniques comme pauvres, malaisées, désuètes, et inadaptées. Mieux, tu verras que toutes les méthodes pour « séduire » et te « recaser » ne sont que des arnaques d’une part, profondément cyniques d’autre part.

chercheur-laboratoire_0_729_486

Cependant, cette technique va te demander un seul petit effort : de la rigueur dans son exécution. Et de garder bien à l’esprit ce que tu y gagnes à l’arrivée à savoir, l’opportunité d’écrire TON script, et à l’avenir, TES futurs scripts personnalisés.

Attention, je ne garantis pas que ces scripts te seront agréables, ou qu’ils seront très intéressants ; mais, au moins, je garantie que tu auras l’opportunité de les écrire « de toi-même ».

Les recommandations qui suivent, doivent être observées scrupuleusement, étape par étape : et le moindre faux pas peut te faire rechuter !

Si tu appliques donc cette méthode secrète, ce n’est même pas toi, qui décidera de la fin de ton couple moribond, mais bien ton ou ta partenaire, qui ira même au devant de tes attentes, en simplifiant et en accélérant la séparation, pour toi. Et ceci, sans complexité, sans violence, d’une façon presque « naturelle ».

Cette technique permet donc aux personnes en couple de se retrouver tranquillement enfin seules. Une fois cette solitude gagnée, un sentiment de « vacances » devrait psychologiquement émerger, à terme. Cette méthode permet en outre aux personnes enfin seules, de pouvoir le rester : durablement.

Elle est déjà activement mise en pratique avec succès, en tant qu’élément indispensable d’une bonne hygiène de vie, par des millions de personnes.

Ne sautons pas les étapes

Étape 1 : tirer parti d’internet pour se débarrasser efficacement du poids de son couple, et en même temps, de la pression sociale.

Ne t’as-ton jamais dit que «les informaticiens n’ont pas d’amis» ?

Sache qu’ils n’ont souvent, pas de vie du tout.

Et du coup, de victimes, les informaticiens deviendront vite des sauveurs.

Et il faut accepter ce fait pour comprendre comment la pratique de l’informatique, peut rapidement conduire qui que ce soit homme ou femme, sur la route du célibat, et ceci, même si jusque-là, une union pourtant paraissant solide comme le roc, a pu « sembler » tolérer la présence de l’ordinateur.

t1larg.lonely

Le premier exercice consistera donc à augmenter drastiquement ton quota d’heures de pratique informatique offline, et de surf sur internet d’un facteur de 200%, afin que plus particulièrement, tes plages d’usage informatique coïncident avec le temps de disponibilité à deux, ou de disponibilité avec des amis éventuels.

Ensuite, déclare officiellement à la société de consommation vouloir «chercher l’amour»… par internet, sur des sites « pour célibataires ».

Si tu es en couple, annonce ton inscription à ton ou ta partenaire. Laisse passer les reproches, inévitables, n’y fait pas attention, concentre-toi sur ton écran en faisant défiler un catalogue de profils potentiels pendant des heures, avec la molette de ta souris, peu importe que tu soies seul(e) ou accompagné(e).

a-ONLINE-DATING-640x468

Ton ou ta partenaire potentielle ou officielle, ne va pas tarder à te quitter spontanément, alors qu’il ou elle aurait farouchement refusé de le faire sans cela.

 

Et, tu le sais, Internet c’est la voie royale, pour maintenir la distance et éviter le vrai rapprochement. Il te suffit donc de déplacer l’amour, sur le terrain sur lequel il a le moins de probabilité d’éclore et de s’épanouir : Internet.

Avec un profil bien apparent sur les réseaux sociaux de célibataires, tu renforces ton identité de célibataire, tout en leurrant efficacement la société de consommation sur ton objectif : rester célibataire sans subir la pression qu’on réserve aux célibataires.

Je te conseille de t’inscrire sur à peu près toutes les plateformes connues : nombre d’entre elles te propose la création d’un un profil gratuit qui suffit amplement pour maintenir ton statut de célibataire tel quel.

Tu peux bien sûr mettre au monde des profils similaires, sur toutes les plateformes de réseaux sociaux, car, plus tu en auras à gérer, plus de temps tu passeras sur internet, et plus la distance entre toi et les autres, va se créer.

Étape 2 : saboter ton portrait pour neutraliser le « casting social » sur les réseaux sociaux

La société de consommation emballe tous ses produits. Et il faut soigner l’emballage et afficher une marque de confiance. Donc, l’idéal pour saper la confiance, c’est de pouvoir créer un profil vide, sans photo, et puis, sans annonce ; un profil qui aurait très bien pu être celui automatiquement généré par un robot informatique, et qui réduit quasiment à zéro le risque d’être casté(e).

Cependant, cette méthode ne marche pas bien : en effet, dans ce cas de figure, l’interface des sites pour célibataires ne te laisse pas tranquille, elle te relance même, jusqu’à ce que « tu complètes ton profil ».

Alors, si tu dois absolument prendre le risque de mettre une photo, je te conseille primo une photo d’intérieur, pas d’extérieur. L’intérieur d’une pièce comporte des avantages indéniables : tu peux exploiter toute la platitude d’un mur terne en tache de fond, baigné d’un éclairage électrique bien blafard et froid, qui laisse toujours une ombre planer en arrière tout en bouchant complètement la perspective.

Surtout, si tu réalises une photo d’intérieur, je t’invite à porter des lunettes de soleil, ou alors, à cacher aux trois quarts ton visage, d’une façon ou d’une autre, par exemple, en laissant pendouiller une abondante mèche de cheveu devant une grande partie de ton visage.

Un bon truc, pour te montrer mais sans avoir rien à dire de particulier qui suscite la moindre inspiration profonde, c’est d’effectuer un « duck face« , sorte de bouche en cul de poule ou en forme de canard, ou alors, de faire une grimace (volontairement, ou même involontairement, si tu veux ça produit le même résultat).

Une méthode discrète mais qui marche : montrer que personne n’a voulu te prendre en photo, et faire un selfie, devant un miroir, en regardant plutôt ton smartphone.

Autre technique, choisir une luminosité générale sur-exposée ou à l’inverse, sous-exposée.

Le cadrage c’est important : pour le rater, sélectionne une photo de ta tête bien tronquée et centrée sur un point imaginaire situé à 30cm au dessus du crâne, ce qui donne de très bons résultats.

Encore mieux, te photographier du dessous, en centrant bien sous le menton, peut-être pour donner à l’arrondi du visage une vraie forme de poire. En combinaison avec un éclairage vif, qui lui-même vient du dessous, les traits du visage deviennent plus étranges et même inquiétants.

Aussi, essaie de ne pas sécher tes cheveux après la douche, afin qu’ils restent bien plats et mouillés en forme d’asperges sucées, avant d’en faire un cliché mis en photo principale.

Étape 3 : une annonce et un quiz, adaptés à la photo

Si malheureusement, avec tout ceci tu ne parviens pas à faire fuir les 10% de forcené(e)s qui veulent encore te contacter, alors je te conseille d’ajouter à ta photo, une annonce comportant une description originale, basée sur la beauté intérieure, comme par exemple : « je suis moi », ou alors, sur une démonstration de maturité, qui emploie par exemple le style « lettre au Père Noël » : « moi, je veux… (remplir les pointillés par n’importe quel contenu ça reviendra au même effet et ça fonctionne) ».

Si vraiment, par on ne sait quelle malchance, il en reste un(e) ou deux pour vouloir absolument dialoguer, alors, n’oublie surtout pas de leur faire passer un « test » préliminaire interminable, sous forme d’interrogatoire, avec bien sûr, des critiques, et des jugements, si les réponses ne sont pas les bonnes.

Étape 4 : éradiquer les points communs

Dans l’univers quantique, tout est question de probabilités. Et il existe une règle en amour, similaire aux phénomènes quantiques, et dont la génétique s’inspire, c’est à dire, que le « candidat à la reproduction », a une probabilité sur un million, d’atteindre son objectif.

Mais si faible cette probabilité soit-elle, il n’en reste pas moins qu’elle doit paraître – lorsqu’elle se manifeste concrètement- comme presque miraculeuse. Et si malheureusement c’est ce qui se produit, alors il faut mettre en œuvre un « plan d’action ».

Pour juguler la moindre probabilité d’un miracle, il faut d’abord bien comprendre le sens du script de la société de consommation.

La société de consommation ne souhaite pas seulement reproduire les consommateurs qui la composent, elle souhaite plus précisément, se reproduire « en l’état », c’est à dire, qu’elle souhaite que les pauvres rencontrent les pauvres, que les riches rencontrent les riches, que les jeunes rencontrent les jeunes, bref, que toutes les classes sociales restent « préservées » dans le temps, telles quelles. D’où l’obsession des points communs.

La société de consommation, souhaite que l’ordre social, soit donc non pas variable, mais identique et préservé, dans le temps. Par conséquent, tout ce qui pourrait, de près ou de loin, mettre un grain de sable dans ce système bien rôdé, va « magiquement » diminuer ou réduire le nombre composant ton « cercle d’amis » virtuels potentiels.

Éradiquer les points communs, ça veut dire, concrètement se rendre activement moins sympathique aux yeux des « cercles potentiels », et même, peut-on dire, gentiment antipathique : et c’est un concept générique, qu’il faut pouvoir appliquer au cas par cas de façon spécifique.

Maintenir la différence en cultivant les incompatibilités d’humeurs, te protège efficacement contre le phénomène de « rencontre par affinité ». Pour comprendre ce concept, et réussir à se rendre peu aimable malgré la diversité des profils qui pourraient coller grâce à l’usage d’un moteur de recherche sélectif, voici quelques exemples de « bonnes pratiques » d’où tu pourras tirer une substantielle inspiration.

Si tu es sans emploi, indique que tu cherches exclusivement un homme ou une femme qui a la « valeur travail » chevillée au corps, en avouant que ta petite imperfection c’est d’avoir du mal à te lever le matin.

Ou inversement, affiche un statut socio-professionnel et un niveau de vie très élevé, sélectionne exclusivement des profils de revenus modestes voire nuls, et avoue que ta petite imperfection, c’est d’être profondément : radin.

Si tu as plus de 40 ans, sélectionne alors exclusivement des profils de jeunes de 20 ans. Ou inversement, si tu es jeune, filtre les profils de sorte que tu ne soies en contact qu’avec des personnes presque âgées, qui pourraient être de la génération de tes propres parents. Dans ce cas, suivant ce fait, tu peux compter sur l’efficacité du « refoulement œdipien », qui produira, en réaction, le refoulement de ton profil.

Si tu rencontres une personne qui dit « savoir ce qu’elle veut », montre toi immédiatement hésitant(e), méfiant(e), manquant d’initiative et de directivité.

Si tu rencontres qui que ce soit qui aime les voyages et les échanges culturels…, propose-lui directement, de voyager au rayon des conserves et autres aliments sous vide, au Monoprix d’à côté, et de faire une excursion culturelle, dans le tabac presse de la galerie marchande, au rayon des journaux à scandale.

Si tu rencontres une personne impatiente, n’hésite pas à répondre à ses messages avec un délai de 3 à 4 jours par réponse, un peu comme si tu habitais sur la planète la plus lointaine du système solaire et comme si, la communication avait besoin d’un délai de ce type pour s’effectuer techniquement.

Si tu rencontres qui que ce soit qui dit aimer « profiter de la vie et rire », parle lui sérieusement, très sérieusement et de façon doctorale : d’inflation galopante, de drame humanitaire, de géo-politique internationale, de catastrophes environnementales, de maladies sexuellement transmissibles etc tu as l’embarras du choix, récite par cœur le dernier J.T., ça peut aider en cas de manque d’inspiration…

On te parle mariage religieux ? Parle du dernier enterrement auquel tu as assisté, et de la cérémonie associée.

On te parle de brassage génétique, de métissage ? Évoque la théorie scientifique qui veut que « la pureté de la race » et la « compartimentation des races » a pu garantir des évolutions du génome sur le globe terrestre bien plus rapides par le passé qu’aujourd’hui, où le métissage humain généralisé par le système mondialiste, ralentit historiquement ce type de possibilité d’évolution rapide du génome.

On te déclare un besoin d’intimité amoureuse ? Répond directement par la formule suivante : « je suis ici pour élargir le cercle de mes amis« .

On te parle d’aller au restaurant, répond que tu aimes les pizzas réchauffées, livrées à domicile.

On te dit aimer les petits plats originaux, mitonnés avec amour, cite en une phrase toutes les marques de surgelés, de produits lyophilisés et toutes les boites de conserve que tu achètes systématiquement au rayon adapté pour les gober sans aucun plaisir, de façons frustre, pour « survivre ».

On habite à plus de 100 kilomètres ? Annonce n’accorder d’attention qu’aux profils de « proximité », aux girls « next door » ou aux gentils voisins de pallier. On habite à côté ? Tu en as marre de ton bled, tu serais prêt ou prête à tout plaquer pour qui t’emmène dans un tour du monde en croisière loin très loin, et les autres profils statiques, et sans horizons, passez votre chemin.

On souhaite que tu fasses la cour selon des codes, et des attitudes, inspirées par le style courtois de l’âge classique usité dans une certaine société aristocratique ? Parle comme un supporter d’une certaine équipe de football, et va « droit au but » en évoquant entre deux jurons spontanés, l’élégance avec laquelle tu surmontes, pour une femme, les obstacles formés par ses cycles menstruels, ou pour un homme, l’éjaculation précoce.

La question se pose de la rencontre avec d’autres « authentiques célibataires », conscients (comme toi) de l’être, et qui emploient les mêmes méthodes que toi, pour le rester le plus longtemps possible. Dans ce cas, le vrai risque est une « reconnaissance mutuelle ». Et ô horreur, l’émergence d’une forme redoutable de complicité. Pour éviter cette catastrophe, la meilleure stratégie consiste bel et bien à éviter, à fuir, même, les authentiques célibataires, pour te rabattre, au grand maximum, sur des célibataires « virtuels », c’est à dire non pas endurcis, mais ramollis, et qui au fond, espèrent encore « croire » au couple (dans la mesure où le seul fait d’y « penser » au lieu d’y « croire » devrait logiquement les endurcir). Un ou une célibataire ramolli(e), en s’ignorant, saura prolonger ton célibat en étant, fort heureusement, incapable de transformer l’échange en une vraie reconnaissance mutuelle débouchant sur un risque de complicité.

Une bonne façon tout à fait remarquable avec laquelle les authentiques célibataires éradiquent avec succès le risque de tomber sur une relation amoureuse, c’est en exigeant des rencontres qu’elles soient précédées de « grands sentiments »…, et qui surtout excluent de façon ferme et définitive toute perspective d’acte sexuel. Il n’y a pas de meilleure façon d’éliminer efficacement 99.99% ses chances de finir par « rencontrer » une personne avec qui former un couple qu’en usant de ce type d’exigence préliminaire.

Ainsi : célibataires déterminés, n’oubliez donc jamais de conclure systématiquement, sur tous vos profils, votre ultime présentation, par l’épitaphe suivante « moi je veux des vrais sentiments sincères : et les profils qui veulent des histoires de sexe, passez votre chemin »

En effet, comment pourrait-on déjà éprouver et partager du vrai sentiment (même faible) en communiquant avec une photo, et en s’exprimant dans une case de 5 centimètres de large, ou sur une ligne de tchat en langage SMS ?

Aussi, en plus, éradiquer la composante sexuelle d’une rencontre amoureuse, composante qui est la seule qui permette à la société de distinguer cette relation de n’importe quelle autre relation, brouille clairement l’image-même de la rencontre amoureuse, qui perd toute substance scénique. La substance scénique, est de plus indispensable, car sans elle, le minimum syndical en terme de romantisme fait défaut.

Cette exigence bien particulière, fait efficacement basculer cette relation potentiellement sexuelle, dans un registre « exclusivement textuel ». Mais, somme toute, ce mode de communication tombe « hors champ », dans le domaine de la voix off, du sous-titrage d’un fondu au noir, d’un contact désincarné, et fait déchoir cette rencontre au rang d’un produit, qui n’ayant pas d’étiquette claire et de contenu en phase avec les attentes sensibles du client, ne trouverait pas son rayon ou même son étagère.

N’étant pas assez identifiable en tant que produit, ni « jouable » car étriquée dans le carcan d’une interface moche et sans espace, la relation textuelle, « hors sexe », quitte le « champ amoureux » au sein de la représentation sociale. Et la société de consommation considère alors cet objet sentimental non pas « sexuel » mais « textuel », comme finalement, invendable, et donc, bon pour le rejet.

sexting

Je ne suis pas en train de dire que les utilisateurs de sites de rencontre qui ont pu rencontrer quelqu’un en se servant des possibilités offertes par leurs interfaces ont menti sur leur témoignages de satisfaction. Je suis juste en train de dire que ces utilisateurs font partie de la probabilité la plus faible (qui existe toujours) en matière de rencontre effective.

Dans un système, par exemple, de machine à sous, prévu pour perdre plus souvent et gagner moins souvent, il existe toujours une faible marge de chances de succès : les gains des rares chanceux sont possibles, mais ne disent rien de la fréquence extrême des pertes des autres joueurs, pertes calculées pour être plus fréquentes que les gains.

Il en va de même pour le modèle économique des sites de rencontre dont l’intérêt est évidemment de retarder ou neutraliser les chances de conclure les rencontres, pour inciter les utilisateurs à prolonger la durée de l’abonnement, plus qu’à trouver le chemin de la conclusion.

Savoir conclure

zombiland_mappemonde

Conclure, c’est effectivement ce qu’il faut savoir faire. Une bonne conclusion, c’est tout aussi important que l’introduction, et à vrai dire, quand on réussit l’une et l’autre ce qu’il y a au milieu n’est pas si important, c’est juste du remplissage.

Après tout, si l’on s’est introduit sur le marché, mais, sur la base d’un malentendu, lui-même résultant du quiproquo quant à l’interprétation d’un script étranger, il faut – et c’est la moindre des choses-, savoir se retirer, en sachant au moins pour une fois, correctement s’exprimer.

Pour changer de vie, il faut éprouver à un moment donné un déclic. Et je crois que c’est ça le plus difficile, de se laisser porter par ce déclic, que nous espérons, que nous voulons ressentir, mais qui n’est jamais en nous assez bruyant pour qu’on ne doute pas l’avoir jamais entendu un jour. Et à peine croyons nous l’avoir entendu que la motivation qui le sous-tendait disparaît dans le flot des souvenirs flous et superficiels.

Il ne revient pas aux autres de faire l’effort de vivre dans l’écho de ce déclic qui n’appartient qu’à celui qui l’entend vraiment.

Je voulais dire qu’à partir du moment où l’on en a assez de paraître soi-même, à partir du moment où l’on sait déjà ce qu’on vivra, d’avance, à force de répétition des mêmes schémas et propos inopérants, rien ne peut plus nous de empêcher de persévérer sur une voie différente.

Car rappelons nous, que la bêtise qui nous pousse à user de vies empruntées, ne fait pas mal ; elle est même, agréable en premier lieu.

Savoir accoucher de son propre texte, pour qualifier un cœur amoureux, ou un cœur en hiver, n’est pas une pratique désuète, optionnelle, ou même, un savoir-faire inutile.

C’est en fait, la seule dignité accordée aux hommes et aux femmes, hantant indéfiniment les rayons des supermarchés.

Supermarche

 

 

 

 

 

Star Wars VII : la Force du Retour (Sur Investissement)

28/12/2015 1 commentaire

Une critique reflète souvent autant voire d’avantage les capacités esthétiques et artistiques du critique lui-même que l’œuvre dont il est question. Cet article parlera du film, mais aussi, de la personne qui a pu le voir.

Une réalisation parfaitement adaptée au scénario

Un film n’est pas seulement une histoire, un script, un scénario, c’est aussi une vision, une réalisation, un ensemble de choix qui vont du casting des acteurs à la direction des acteurs, du choix du cadre, des plans, du rythme à donner sur la base du script, du montage des scènes, et de l’alchimie entre image et son.

Et là dessus, le film est très réussi.

N’étant pas ingrat, je ne saurai dans un premier temps dénier les qualités indéniables de la réalisation. Le réalisateur JJ Abrams, est un homme capable de talent, il l’a déjà démontré à maintes reprises, et son travail reflète une maîtrise du genre peu commune, une audace et une aisance visuelle parfaitement adaptée à l’exercice.

On peut aller voir Star Wars VII rien que pour le tour de force que représente cet exercice majeur dans la vie d’un réalisateur que de conduire un tel ouvrage.

Disons avec le recul qu’il aura été l’homme le plus adapté à ce genre de projet, dans la mesure où il a su se plier à l’exercice, qui est en soi, une œuvre de commande au budget et aux enjeux colossaux, impulsée par Disney, il faut le dire, sans toutefois se soumettre totalement et perdre son audace et sa créativité, sur le plan visuel.

Le choix des effets pratiques et la mise en retrait des effets générés par ordinateurs a été véritablement une réussite participant à l’immersion des acteurs comme des spectateurs. Parlant d’immersion, disons que les précédents Star Wars pouvaient souffrir d’une certaine forme de distance panoramique, en particulier lorsqu’il s’agissait de montrer l’aspect effroyable de la machine impériale. Ici, le réalisateur nous introduit directement dans une scène à vue d’homme et fait le choix de montrer au plus prêt une scène de massacre de villageois. On ne peut pas mieux faire pour sensibiliser le spectateur à la menace que représentent les « nouveaux » vilains.

a-STAR-WARS-7-THE-FORCE-AWAKENS-640x468

A partir de là, le rythme global du film est bon, le montage est bon. Le ton du film, très légèrement comique, est aussi émaillé de pauses nostalgiques, en particulier au moment où les héros de la première trilogie refont surface. Certains clins d’œils trop appuyés à la première trilogie parcourent la mise en scène, en particulier, la scène du jeu d’échec holographique à bord du Faucon Millénium, qui recycle un visuel déjà vu, et qui n’apporte rien à l’histoire.

Sans cela, le visuel global du film ne trahit pas celui de G. Lucas dans la première trilogie, il est même extrêmement fidèle, et les décors de fond sont particulièrement bien choisis, et bien rendus. En plus de cette fidélité, certains défauts de la trilogie d’origine auront été solutionnés. On peut même dire que la version de JJ Abrams de « La Cantina » est mieux faite, on se croirait vraiment en présence de créatures extraterrestres ; ses propres énergumènes galactiques, sont nettement plus réalistes ; ils font passer les figurants de la première trilogie pour ce qu’ils sont, des acteurs revêtant des masques grotesques et mal réalisés.

forceawakens4-xlarge

La grosse participation d’Harrisson Ford dans ce film est tout à fait remarquable :l’acteur n’a non seulement pas oublié son personnage, il EST Han Solo, avec tout de même trente ans de plus, ce qui est parfaitement logique.

Vu le contexte, et les enjeux économiques qui portent ce projet commercial, ma première question n’était pas de savoir comment le réalisateur pouvait réussir ce projet, mais surtout, comment il allait « bousiller la franchise » dans l’atteinte des objectifs commerciaux qui sont fixés en amont du projet.

Car : c’est globalement ce qui se passe quand les enjeux commerciaux sont grands, voire, énormes, et que le réalisateur manque de carrure et de métier : les enjeux emportent tout sur leur passage, de la cohésion de l’œuvre, à sa signification, en passant par la dimension artistique et socio-culturelle qu’elle peut avoir aujourd’hui.

Mais disons que le réalisateur a semble-t-il eu l’habileté de réaliser parfaitement ce qu’on lui a demandé, en négociant ici ou là des petits lieux de liberté pour la réalisation, sans toutefois aller au delà d’une certaine limite.

rs_1024x759-151029114622-1024-Star-Wars--The-Force-Awakens

Le casting de la nouvelle héroïne Rey, est correct ; je n’irai pas baver devant sa prestation, très expressive, très énergique et très volontaire ; disons qu’elle se bat d’une façon assez naturelle et spectaculaire, certains diront qu’elle surjoue, et qu’elle est trop expressive, mais après tout, c’est une question de point de vue, dans la mesure où vous pouvez revoir le visage de Mark Hamill quand il apprend qui est le fils de son père, et après tout, suite à cette performance inoubliable, on pourra dire que l’expressivité faciale de la nouvelle héroïne, n’est pas si problématique. Ce n’est pas le casting qui pose problème ni même le jeu de l’actrice, c’est juste ce qu’on lui fait dire ou faire, qui reste uni-dimensionnel. Cette héroïne est une héroïne antique : la force est « déjà » en elle, elle n’a qu’à la laisser ressurgir. Et comme c’est la meilleure, elle gagne toujours, elle n’est jamais mise en danger, réellement, on n’a pas une seule fois peur pour elle.

star-wars-the-force-awakens-character-was-about-to-be-killed-off

Le casting de Poe Dameron, est bon, l’acteur dégage beaucoup d’assurance et il incarne bien ce « pilote ultra chevronné » qui a fait toutes les batailles de la rébellion, mais là, une fois le portrait du héros défini : le scénario et le script n’en fait rien qui lui permette de cabotiner mieux que cela avec les autres. Après sa rencontre avec Finn, il disparaît pendant une bonne partie du film pour ne réapparaître qu’en tant que meneur de la cavalerie pour les dernières scènes de combat de X-Wings.

star-wars-still-ru_3270754k

Le casting du stormtrooper raté et déserteur, Finn injecte une touche de comédie qui fait le contrepoint du sérieux de l’héroïne, même si finalement, le scénario n’offre qu’assez peu l’occasion de développer entre eux des interactions suffisantes, ce genre d’interaction qui rendait les périples des Han, Luke et Leia, intéressants à suivre.

star-wars-7-the-force-awakens-kylo-ren-stormtroopers-wallpaper-5217

Enfin, le casting du vilain, Kylo Ren, est à la fois très bon, et très gâché, car l’acteur parvient tout à fait, sous son masque et par ses postures, à dégager cette agressivité et cette pression malsaine qu’on attend de lui. Mais, dès lors qu’il retire son masque, on constate qu’il n’a au niveau du facies, rien qui le marque, physiquement, et qui expliquerait qu’il protège son visage de la sorte. Le fait de le voir retirer son masque, pour dévoiler qu’il n’a aucune marque accidentelle comparable à celles de Palpatine ou de Vader, le transforme soudain en un espèce de cosplayer du côté obscur – ce qu’il est pratiquement du reste, comme cela est quasi confirmé sur le plan du scénario.

Pourrait-on reprocher à JJ Abrams d’avoir co-écrit le script du film avec le scénariste de l’Empire Contre-Attaque (pour que la fidélité à l’histoire Star Wars soit respectée), et avec celui de Toy Story (pour que Disney puisse vendre en grande surface ses putains de jouets BB8 radiocommandés à 170€ l’unité) ? Non, le choix des co-scénaristes est logique. C’est juste que l’inspiration commune de ces trois hommes pourtant pleins de bonne volonté au départ, n’aura pas eu la force de lutter contre … le pouvoir du retour sur investissement.

La force du retour au même scénario

Je sais vous vous attendez à ce que je me mette à déclarer que cet article contient des révélations, des fameux « spoilers », sur des points clés de l’intrigue. Spoiler c’est révéler des choses qui gâchent le plaisir d’un tournant dans la compréhension d’une intrigue. C’est par exemple, révéler le nom du meurtrier dans une enquête d’Agatha Christie, avant d’avoir vu le film. C’est tuer le mystère, tuer le plaisir de la découverte.

Mais je voudrait juste vous avouer ceci que, même si je souhaitais franchement et sincèrement révéler quoi que ce soit de mystérieux, aujourd’hui, sur l’histoire de ce nouvel opus, je ne pourrais vraiment y parvenir.

Je peux vous spoiler tout le film que vous seriez déçus non pas de connaître ses secrets, mais quelque part, de les connaître déjà.

Vous savez déjà que le premier nom du vilain au sabre rouge, ce n’est pas Darth Vader, mais c’est « Anakin Skywalker », qui donc, est le père biologique de Luke Skywalker, le héros de la première trilogie, qui traverse toutes les phases classiques de la trajectoire d’un héros moderne.

Et, spoiler, ça aurait été de révéler officiellement ceci, le jour de la sortie mondiale de « l’Empire Contre-Attaque », que Darth Vader est le père de Luke, histoire de ruiner l’effet choc de la révélation finale du second film de la trilogie écrit par le même scénariste choisi pour cette suite. Ruiner la réplique : « …JE, suis ton père ». La phrase qui a fait rentrer Star Wars dans le domaine du « mythe », où le drame familial vient en sur-couche ou en sous-couche de la logique « d’initiation » qui apparaît au premier plan. Et c’est à peu près ce à quoi n’importe qui, fan ou pas, peut s’attendre lors de la reprise de cette franchise : un nouveau coup de théâtre familial. Mais à ce jeu-là, disons qu’une fois que la cartouche a été tirée de la sorte, on peut à nouveau appuyer sur la même détente, niveau scénario, trente ans plus tard, mais, quelque part, le cerveau est comme à peu près désensibilisé, et cette ficelle ne fonctionne plus très bien.

Spoiler, c’est donc bel et bien gâcher le plaisir d’un coup de théâtre ou d’un secret ou d’un mystère, et il est donc convenu qu’il ne faut pas spoiler un film. Mais si d’aventure il n’y avait pas de mystère ? Et s’il n’y avait dans une galaxie lointaine et très lointaine : rien que des courses poursuites de vaisseaux rebelles et impériaux, et pour le reste, absolument rien eu de nouveau ?

Rien de nouveau  sous les soleils de Tatooine / Jakku

S’interdire de révéler un mystère qui n’existe pas, ou qui n’est même pas révélé dans le film, n’est qu’une précaution qu’on pourra finalement juger comme étant inutile.

Par exemple, apprendre que Kylo Ren (le vilain de l’histoire avec un sabre laser rouge), a été entrainé dans son enfance comme aspirant Jedi. Que Kylo Ren a basculé du côté obscur plus tard. Que Kylo Ren en basculant a trouvé tout à fait légitime d’éliminer (massacrer) les jeunes Jedi de son académie. Que Kylo Ren traque aujourd’hui les Jedis qui pourraient subsister dans la galaxie.  Qu’il recherche Luke Skywalker anciennement maître à l’académie. Qu’il utilise le côté obscur de la force. Qu’il s’adresse à un maître à la tête hideuse et à la voix caverneuse qui lui apparaît de façon holographique et qui le « guide » vers le côté obscur. Qu’il porte une cape noire, un masque, et que sa voix passe par un démodulateur afin de la rendre plus grave. Qu’il est allié à des Nazis de l’espace qui portent des uniformes similaires à ceux de l’Empire, que ce soient les officiers ou les soldats, des Stormtroopers. Et enfin, qu’il est un membre de la famille Skywalker. Mais, est-ce là une série de faits scénaristiques nouveaux, mystérieux, qu’il ne faudrait pas spoiler de peur de choquer les fans qui souhaitent en apprendre plus par eux-mêmes sur cet univers et l’histoire qui l’habite, en consommant ce tout nouvel épisode ? N’est-ce pas justement une trame que nous connaissons déjà, et pour certains, par cœur ?

Et si nous la connaissons déjà, alors, nous ne sommes techniquement pas en mesure de gâcher le plaisir de la découvrir.

Aussi, apprendre que ce nouvel aspirant au côté obscur (Kylo Ren), est un Skywalker, soit, le petit fils d’Anakin Skywalker… est-ce nouveau ? Puisqu’on savait grâce à Yoda, que Leia était la sœur cachée de Luke Skywalker, et ceci, depuis l’épisode 6, « Le retour du Jedi », on pouvait déjà en déduire qu’elle serait à l’origine d’une nouvelle « branche familiale » avec des sujets potentiellement sensibles à La Force. Séduite par Han Solo (qu’elle embrasse passionnément au moment de la conclusion de la première trilogie), Leia aura donc eu une descendance avec Han, et sa descendance sera donc « sensible à la force ».

Savoir que cette descendance « tourne mal », et répète, fidèlement, presque d’une façon désespérée et même désespérante, le parcours exact du grand-père, Anakin Skywalker, voilà qui justifie la réalisation d’un Épisode VII marqué d’une répétition scénaristique flagrante, et qui, du coup, déconstruit complètement la valeur – même du parcours héroïque de Luke Skywalker, pourtant clairement construite à travers la précédente trilogie cinématographique.

Rebooter le rebattu pour re-sensibiliser le spectateur au même contenu

Dans le registre de la nécessité de rebooter la trame  principale de la franchise, après une décennie d’interruption cinématographique pure, dressons un constat réaliste : trente ans après la victoire de Luke et d’Anakin enfin réunis contre Palpatine, la galaxie de Star Wars n’a absolument rien appris de cette histoire légendaire, elle n’a rien compris, rien intégré, rien dépassé, elle n’a concrètement pas évolué d’un iota:

  • les Nazis de l’espace sont toujours aussi puissants, aussi organisés, aussi riches pour construire des croiseurs interstellaires, et pour reconstruire une énième étoile / satellite de la mort
  • la restauration de la République est toujours menacée par les Nazis de l’espace, et la princesse Leia Organa, dirige une flotte de Résistants…
  • Un général Hux (Tarkin bis repetita), toujours aussi rigide, aussi mal fagoté, prétentieux, teste son canon de la mort contre des planètes résistant au pouvoir de son ordre de Nazis de l’espace et les détruit en une seule frappe
  • les Nazis de l’espace sont toujours eux-mêmes commandés par un ordre noir supérieur, qui utilise le côté obscur
  • Le vilain au sabre laser rouge, est toujours flippant, derrière son masque, il terrorise autant ses ennemis que ses supposés alliés sur les vaisseaux qui le transportent, il utilise exactement la même prise que Darth Vader pour effectuer des strangulations
  • Ce vilain est un chevalier Jedi ou aspirant Jedi déchu, membre de la famille Skywalker
  • Ses stormtroopers sont entrainés et instruits (lavés du cerveau) par le Capitaine Phasma, qui porte la même armure qu’un Stormtrooper mais en chrome, et… le scénario n’en fait rien de particulier
  • L’héroïne est une Skywalker qui s’ignore, qui vit comme Luke dans sa jeunesse sur une planète désertique ; elle ignore sa vraie famille, et elle découvre au fur et à mesure de son parcours et de ses confrontations, que « la force est avec elle »
  • confrontée à Kylo Ren, elle résiste à son pouvoir mental dans un premier temps, et découvrant le pouvoir de la force en elle pendant un combat final au sabre laser contre lui, elle parvient à le mettre physiquement en échec
  • les rebelles doivent toujours mener un raid contre un satellite de la mort, annuler son champ de force protecteur, et tirer sur son point faible pour le faire exploser, et à la fin du film : le champ de force saute, et boum, le satellite explose, victoire.

Tout se passe comme si on ne sait quel traumatisme avait tant produit de refoulement dans le cerveau du spectateur lambda, tant d’oubli, tant d’amnésie, qu’il aura eu besoin de revoir une énième déclinaison du même scénario, pour se réintroduire correctement dans cet univers avant de consommer ses suites (l’épisode 8 et 9) et tous ses produits dérivés.

Star-Wars-The-Force-Awakens-Kylo-Ren-Trailer-logo

Univers galactique lequel d’ailleurs, pourtant sensibilisé au « régime impérialiste », laisse sans broncher les Nazis de l’espace reconstruire un énième ordre totalitaire, un énième satellite de la mort, contrôlé par un énième seigneur Sith, et protégé par un énième champ de force qui faudra une énième fois faire péter, avec l’aide du Faucon Millénium.

Le retour de la force, se manifeste dans un monde qui retourne intégralement à la case départ, pour pouvoir mieux faire son retour en force et se répéter fortement lui-même.

D’un héroïsme moderne devenu rétroactivement vain

Pourtant, un héros moderne, c’est un héros qui change et qui fait changer le monde qui l’entoure, au fil de son parcours, de son périple, de sa trajectoire. Le monde n’est plus le même une fois que Luke et son père l’eurent débarrassé de l’empereur Palpatine. Quelque part, c’est l’amour de Padmé qui fait basculer Anakin dans le côté obscur et c’est l’amour filial de Luke qui a fait rebasculer Anakin dans le côté positif. Luke en tant que héros, surmonte une série d’épreuves qui lui font découvrir le sens de sa place dans « l’histoire de la force » au sein de la galaxie. Et au fond, l’histoire de la galaxie se confond avec l’histoire de la force elle-même. Cette façon « moderne » de raconter « l’histoire de la force », est par essence opposée au conte antique, doté d’un héros antique, qui est héroïque, mais qui, ne découvre pas sa puissance, il l’a déjà. Ce héros antique reste fidèlement et profondément égal à lui-même, et il accomplit une destinée faite d’épreuves, souvent du reste, prévue d’avance par les oracles ; au contraire, le héros moderne « se révèle », et « évolue », change, se transforme et se perçoit différent. Les héros de la première trilogie, sont modernes, et connus dans toute la galaxie, car leur petite histoire aura embarqué la grande, au point de transformer la représentation et la nature même de la force globale dans cette galaxie.

C’est du moins, ce que nous avaient laissé croire les épisodes 4, 5 et surtout le 6. Où C3PO conte la légende de Luke Skywalker aux Ewoks lesquels probablement enseigneront cette légende de père en fils.

Tout cela était pourtant parfaitement acquis, et ce, jusqu’à l’Épisode VII, qui quelque part, vous annonce tout bonnement ceci que cette petite aventure en six parties est ridicule, que ces guerres incessantes, entre les clones de la république et les rebelles, puis entre l’empire et les nouveaux rebelles, entre ce petit empereur flanqué d’un acolyte suffocant, et ces jeunes rejetons foireux, sont toutes pitoyables, et qu’elles n’auront eu toutes autant qu’elles sont, strictement aucune incidence sur rien : car aucun de ces protagonistes n’aura rien changé sur rien, chacun étant resté strictement campé dans sa position, personne n’aura vraiment interagi avec personne.

La force du retour sur investissement, impose qu’on réemploie un scénario dont le dénouement pourtant heureux doit être oblitéré, effacé, oublié, neutralisé, remanié, reconfiguré, en un échec, un non-événement.

Pour justifier l’existence de cette énorme reproduction commerciale qu’est- star wars, on doit forcément passer par quelque chose qui heurte le sens même de l’héroïsme moderne : la force de l’hérédité, qui cause le retour du pareil au même. Pourtant le caractère héréditaire de la force et du taux de midichloriens associés, rend quasi « aristocratique » le statut du jedi et même de la « force ». Car si la force se « transmet » de parents à enfants, alors, le pouvoir de la force,  se transmet aussi. Et donc, quand la reproduction est le lieu d’une transmission du pouvoir, on n’est plus dans un système qui donne le pouvoir à tous les méritants, mais simplement, aux héritiers.

L' »explication » héréditaire, finalement, assimile le pouvoir de la force et la vilenie des vilains qui s’associent à l’usage de ce pouvoir, à quelque chose d’un ordre génétiquement implacable. On est dans un monde ou l’inné prédomine sur l’acquis, un monde enfermé dans sa propre histoire aristocratique, qui bataille d’héritiers en héritiers pour la succession au trône, lumineux ou sombre ( la lumière ou l’ombre, ce ne serait qu’un point de vue dans la quête d’un même pouvoir, peu importe les enseignements vains qu’on fait autour ; c’est la subjectivité qui donnerait finalement à la force une image soit obscure soit lumineuse, mais, en soi la force ne serait ni claire ni obscure, elle n’aurait aucune morale). Dans cette logique,  la mécanique de l’héritage, ne produit que des confirmations qui enfoncent des portes ouvertes d’avance.

Certes la force du retour sur investissement, se manifeste avec des visages un peu différents. Certes à partir d’une perspective un peu différente. Cette fois-ci, c’est le soldat anonyme, le stormtrooper, inconnu sans visage et bon pour passer à la casserole d’habitude, ôte son casque, prend un visage, et de fait s’humanise, pour inaugurer un nouveau périple héroïque.

Mais, on doit faire ici un lien avec un précédent article que j’avais écrit sur Bioshock Infinite et sur la réalité « alternative » comme étant un genre de « pareil au même », conscient de lui-même. Bioshock Infinite, jusque dans un scénario maîtrisé achevant sa propre mise en abîme, n’arrivait finalement à rien de nouveau sur le fond. Et, en tant que trilogie alternative reprise avec un décalage de 30 ans, le « retour de la force » n’est pas premièrement autre chose que la force d’un retour du pareil au même, la force d’une répétition, similaire à celle à laquelle on pourrait s’attendre venant d’une « réalité alternative ».

Comment rebooter un programme éteint depuis 30 ans

Un reboot c’est exactement ce qu’un interprète musical fait en reprenant un vieux tube et en le remixant à la sauce moderne. Cela fait revivre et même survivre quelque chose qui n’était plus actif, qui s’était presque étiolé, qui s’était désensibilisé. Une trilogie, c’est en fait une histoire qu’on a envie de suivre. Un peu comme The Hunger Games. On regarde la première histoire qui instaure les visage des héros, et ensuite le pactole est atteint dans le n°2 et le n°3 engrange les restes, la suite c’est la cerise sur le gâteau commercial.

Mais comment rebooter une franchise, en la redémarrant là où elle est resté coincée il y a 30 ans, c’est à dire, au moment d’une victoire triomphante, où les héros Han et Leia  se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d’enfants ?

CarrieFisherHarrisonFord

C’est probablement la question que les producteurs exécutifs auront pu se poser au moment de commencer un tel projet commercial en songeant au pognon investi dans l’achat de la licence Star Wars (4 milliards), et à la nécessité d’un retour sur investissement.

Déjà qui fallait-il pour mener à bien cette œuvre de commande commerciale ? Bien sûr, celui qui nous aura fait le reboot de Star Trek, l’autre franchise SF bien connue des geeks : JJ Abrams.

Ensuite, il faut reprendre à peu près tous les éléments, toutes les ficelles, tous les ressorts, de la première trilogie, et la jouer « safe », comme ils disent. Puisque c’est la première trilogie dont le contenu a rapporté gros : il faut que l’histoire de la nouvelle suive en quelque sorte la même trame. Et on voit dans toute la fidélité du retour de la force, à quel point la force du retour sur investissement est attendue au tournant.

Je suis en train de dire que si les trois scénaristes de cette histoire n’ont reçu aucune directive de la production, alors il faut sincèrement s’inquiéter de leur capacité créatrice.

Alors voyons dans le détail comment on ressuscite Star Wars.

Han et Leia ? Une fois leur fils Ben passé du stade du gentil « Fils à maman », à « Ado à la Con », ils ont eu du mal en tant que couple à assumer. Sur Facebook, leur statut est passé de « c’est compliqué » à « célibataire ».

C’est Max Von Sydow, qui en tant que vieux barbu habillé comme Ben Kenobi du désert, détenteur du mystérieux secret quant à l’identité de Kylo Ren et quant à la localisation de Luke Skywalker dans la galaxie, commence par mourir – sans trop résister, sous le sabre rouge du jeune Jedi déchu. Cette mort du vieux sage à barbe blanche détenteur du secret familial, cette « mort du vieux maître », « sans résistance », pour « protéger un secret » renvoie visuellement à la mort  de Ben Kenobi dans « Un Nouvel Espoir », qui meurt, sans révéler le secret de Darth Vader, pour laisser le nouveau héros assumer sa propre histoire, son propre rôle, à son rythme, à sa suite.

Et, cette espèce de « quête du grand-père » presque improbable, justifierait peut-être vaguement la réalité de cette répétition qu’est celle de Kylo Ren, dans la galaxie Star Wars ; mais peu importe qu’elle justifie bien ou mal le caractère quasi similaire des vécus à trente ans d’intervalle : en tant que « manifestation alternative » d’un scénario déjà vu, reprendre à l’exact identique la « quête du grand père », ruine dans l’œuf toute perspective d’éprouver la moindre surprise de fond scénaristique au sein de cet Épisode VII.

Mais au diable la nouveauté, puisque, ce qui compte, c’est que ce type de scénario a pu fédérer des masses de spectateurs sur 3 films juteux et un merchandising encore plus juteux.

Dans la première trilogie, la princesse Leia, cache les plans de l’étoile noire, qui met toute la galaxie en danger, dans un astro-mécano, R2D2, qui gazouille et qui tombe sur une planète désertique Tatooine ; ce petit droïde sympa, finit par tomber sur Luke Skywalker et lui révéler sa mission.

Dans l’épisode VII, un pilote de chasse cache le plan dans un astro-mécano qui gazouille, et qui s’appelle BB8, et qui part tout seul comme un con au milieu du désert de Jakku, une planète 100% similaire à Tatooine. Comme par hasard, il y est récupéré par l’héroïne de l’histoire, (très probablement la fille de Skywalker qui s’ignore) ce qui lui révèle sa mission.

rs_560x415-141128084622-1024.Star-Wars-Force-Awakens-Trailer.jl_.112814-2

Sa mission – c’est surprenant, c’est de rapporter les plans à la résistance. La même mission, dans les deux trilogies.

Pour continuer sur le thème d’un scénario qu’il ne faudrait pas spoiler, car il serait truffé de révélations capitales, disons que les nouveaux héros tombent comme par hasard sur les anciens, sur ce célèbre contrebandier cynique et pas altruiste pour deux sous qu’est Han Solo : lequel, en fait, vole dans un cargo de contrebandier crasseux, et espère refourguer des articles douteux à des types prêts à le descendre car il leur doit – c’est étonnant – un paquet d’argent – pour changer.

Car n’imaginez pas qu’Han Solo aura après tout ses périples, et même après avoir rencontré et embarqué la princesse, véritablement découvert quelque chose de mieux que la contrebande, les retards de paiements, et même, qu’il aura appris à faire mieux en trente ans.

Han Solo, est un personnage qui a vieillit mais sur le fond, n’aura pas évolué d’un iota, comme le reste de tout ce qui l’entoure. Il est toujours flanqué de Chewbacca, qui crie de la même façon et qui, il faut le dire, n’a pas pris une seule ride. Le Wookie, n’a même pas un brin de cil blanc au bord de la paupière.

1d4ac4a71be98a0d61c42dfab1859b2b

Ils se retrouvent tous rapidement à bord du Faucon Millenium qui tombe presque en morceaux, et qu’il faut réparer, et entre deux sauts dans l’espace, et trois batailles renversantes avec les Tie Fighters, et une partie de jeu d’échecs holographique.

Alors, sachant cela, spoilons un unique élément du scénario qui ne s’est pas déjà produit, et disons, qu’Han Solo meurt, à la fin du film, sous le sabre de son propre fils, Kylo Ren, qu’il a appelé Ben (probablement en mémoire de Ben Kenobi). Alors pour mémoire, Han Solo, a déjà fait l’objet d’une scène d’adieu au public, lors de la scène où Darth Vader le fige dans un bloc de carbonite, sous les lumières rouges vif d’une machine en mesure de produire en une fraction de secondes un bloc cryogénique de 500 kilos ; souvenons-nous que l’opération pouvait entrainer la mort plus que probable des cellules du contrebandier.

carbonite

Revoir ce personnage mourir, une seconde fois, dans un flash d’une luminosité rouge vif similaire, finalement, cela reproduit-il le petit effet poignant de sa congélation antérieure ? Passons outre la petite voix intérieure qui pourrait vous dire que « pour lui, cette fois c’est la bonne », seriez-vous vraiment, sincèrement, honnêtement, pris par surprise, ou bien au fond de vous-mêmes, inquiet de vous rendre compte que, non seulement vous vous y attendiez atrocement, mais aussi, que c’était bien la seconde fois que vous le voyez mourir, mais enfin que son existence de toutes façons, vu le contexte, était plus que vaine ?

La raison ultime pour laquelle ça recommence

Mais allez, la force du retour sur investissement aura créé ce film de commande pratiquement tel qu’il est, c’est à dire, visuellement excellent, très bien réalisé, et stratégiquement, doté d’un scénario destiné à rassurer à mort tous les investisseurs qui sont derrière.

Mais disons que, si l’enjeu économique explique majoritairement les choix du fond comme de la forme, disons qu’il y a aussi une composante importante qui n’a pas assez été prise en compte dans cet article.

Pour qu’une nouvelle trilogie existe, sur le plan logique, il fallait bien que Luke n’ait finalement pas accompli quoi que ce soit, et qu’il ait, même, perdu tout espoir (ce qui est un comble pour ce personnage, héros d’un film intitulé « un nouvel espoir »).

7787602518_luke-skywalker-lors-de-la-scene-finale-de-star-wars-7

Il fallait que son histoire soit nulle, soit vaine. Ou rétroactivement, qu’elle ait été un leurre. La sienne comme celle des autres. Il fallait que sa vie elle-même n’ait eu aucune incidence sur le cours de l’histoire. Que le fait de renverser l’empire n’ait rien changé. Ou que le fait de renverser Palpatine n’ait simplement permis qu’une chose, non pas la libération de la galaxie, mais bien, uniquement le remplacement de Palpatine et de son apprenti par un successeur holographique, ce « Snoke » au vilain facies. Et seulement ça.

Et tout le reste : n’aura jamais eu lieu. Précisons bien la forme temporelle, il s’agit là d’une observation puissante, une observation qui modifie rétroactivement le cours du temps passé. Je suis en train de vous dire que ce que vous avez cru être une liesse galactique émaillée de feux d’artifice, à la défaite de l’empereur Palpatine, ça n’était finalement qu’un rêve, un rêve qu’on oublie, quelque chose qui n’aura pas eu plus de réalité qu’un souvenir plongé dans l’amnésie collective.

Amnésie collective elle-même partagée, par le collectif des spectateurs lambdas, qui au bout de 30 ans, auront peut-être oublié quelques détails.

Est-ce en raison de cette amnésie collective, que Han Solo est resté le roublard contrebandier qu’il était, alors qu’il aurait pu être après ses multiples contributions à la bataille de Yavin et d’Endor, capitaine ou du moins, général de flotte Rebelle Républicaine ?

star-wars-force-awakens-06_612x380

Est-ce pour cette raison que la princesse est restée dans la Résistance alors qu’elle aurait pu être à l’instar de sa mère : sénatrice dans la Nouvelle République galactique ? Est-ce pour cette raison que les Nazis de l’espace pourtant vaincus, n’ont pas été vaincus, et que la mort d’un empereur ne leur a rien fait, qu’ils se sont empressés d’en élever un autre au même rang, qu’ils ont continué d’asservir des planètes pour exploiter leurs ressources et bâtir toujours plus de croiseurs militaires, ou d’étoiles de la mort ?

star-wars-the-force-awakens

Et c’est pour cette simple raison que Luke est invisible, pendant plus de deux heures de film : on ne le voit qu’une minute trente, maximum, à la toute fin, muet, planté comme un con, au milieu de nulle part dans un décor irlandais, symbolisant une planète, un temple quasi en ruines, sans avoir rien à dire ? Est-ce pour cette raison qu’il n’a rien à dire, à qui a tout traversé pour le rencontrer, parce que tout simplement, lui-même a oublié, lui aussi, qu’il a déjà gagné contre les Nazis de l’espace, contre les Siths, et que les méchants ont déjà perdu ?

Qui a vu cet épisode VII, sait non seulement qu’on n’y trouve aucune nouveauté : que cet épisode n’est qu’une version alternative d’un scénario déjà lu, déjà vu, déjà intégré, qui se contente « d’ancrer » de nouvelles têtes dans un univers dont les logiques et les ficelles dramatiques sont déjà connues et même rebattues.

Mais surtout, pour que cette trilogie existe, il aura fallu attendre patiemment trois décennies, pour que se soit effacée ce que signifie « une victoire », dans la mémoire collective – ce qui n’est pas rien.

Disons et c’est le plus significatif en terme d’amnésie, que c’est vrai qu’en 30 ans, une victoire contre un empire qui flingue à bout portant des planètes entières, ça s’oublie bien vite.

Travailler ou pondre des œufs de forme carrée

06/12/2015 Commentaires fermés

220px-2_half_cubic_egg

Liberté, indépendance, autonomie, et pause café de 10 minutes.

Être Libre. La Liberté, c’est un mot fourre-tout, pour parler le plus souvent de quoi, de son incapacité à s’engager.

libre-sans-engagement

Je veux rester libre, ça veut dire : je ne veux pas être obligé de faire ceci, ou même, contraint malgré moi, de dire cela, sur une durée trop longue, voire même indéterminée. Je ne veux pas être obligé de répéter. Ou reproduire. En tant qu’homme libre je n’ai pas de vocation. Pourquoi parce que je ne me connais pas moi-même, je n’ai pas non plus trouvé mon maître qui me dominerait avec mon consentement et qui me révélerait qui je suis dans une temporalité plus vaste que le moment immédiat. Je joue un rôle que je sais temporaire, mais je ne me sens pas assez bien dans ce rôle, et je n’y vois ni profondeur, ni perspective. Ni pour moi, ni pour personne. Dans l’attente de trouver une vocation qui gouverne mon existence en lui donnant un sens qui me dépasse mais que je reconnais comme vrai, je veux de la nouveauté. Je veux que ça soit instantané. Je veux du « tout de suite ici et maintenant ». Qui réponde à mes besoins dans l’urgence où ils se manifestent, car, je ne souhaite ni ne peux pas non plus anticiper sur mes besoins à venir. En tant qu’homme libre je me veux optimiste, et je me dis, que la providence pourvoira à mes besoins, au fil de l’eau. En fait n’anticipant rien, je ne suis jamais prêt pour rien. En homme libre, je pilote à vue, à l’instinct, au réflexe et je compte sur mes bons amis pour me dépanner toute l’année. Je produis mon risque, mon adrénaline, je cherche des bons amis pour me tirer de mes ennuis, à la dernière minute : l’amitié, c’est utile. Et dans la foulée, je choisis l’aventure, le voyage, j’ai le contact facile, je prends des clichés brefs, mes souvenirs eux-mêmes sont des instantanés, pas de vraies histoires.

Si je tombe je me raccroche aux branches, in extremis. Seul le présent compte. Globalement, on est dans la mentalité de personnes qui  cherchent la subsistance immédiate, le coup facile, qui rapporte gros rapidement, qui ne voient pas plus loin que le bout d’un planning d’une semaine. La mentalité de l’homme libre, n’entretient en lui aucune perspective sur le long terme n’a aucun plan qui tienne sur plus de quatre jours. Il ne perçoit pas la chaîne des causes qui a produit sa réalité, et n’a pas idée (ou ne veut pas avoir idée) de la suite des événements à venir. La Liberté, c’est une grande valeur pour les hommes inachevés, qui n’achèvent jamais rien, et qui malheureusement, à être portée en idéal, finit par leur inspirer quoi je vais vous le dire : l’achèvement, sous la forme d’une mort rapide, expédiée, soudaine.

La Liberté, c’est une grande valeur nationale, logée au frontispice de nos institutions. Ça devrait inquiéter les hommes sensés, qui ont de la suite dans les idées. Mais non. Et ça donne au mieux, une nation de personnes superficielles, qui finalement, ne garantissent rien sur rien. Les personnes se revendiquant foncièrement libres sont certes sympathiques et du coup, obligatoirement humanistes, (elles ne peuvent pas se permettre de se montrer désagréables avec qui les dépanne). Les personnes libres, touristes dans leur propre existence et surtout dans celle des autres, flanquées de leur centaines de bons amis-qui-les-dépannent, peuvent très bien se révéler à terme dépendantes de qui les aide, et en même temps, instrumentaliser qui les aura aidé. Les personnes libres peuvent très bien n’avoir d’ailleurs en retour, aucune fidélité à donner, aucune véritable histoire d’amitié à transmettre, et même concrètement : n’avoir aucune parole.

Être indépendant.

L’indépendance, c’est une grande valeur, ça excite le sexe opposé, et c’est supposé être le contraire d’être libre. Mais est-ce mieux ?

stk153636rke-620x330

Car franchement, c’est pourtant incompatible avec le concept de liberté, puisque l’homme libre doit absolument se faire des dizaines, et pourquoi pas, des centaines d’amis qui le dépannent urgemment – dépannage dont dans les faits, il dépend royalement… Si un homme libre, qui n’anticipe rien, est condamné à la sympathie de masse, un homme indépendant, justement, fait l’économie de cette obligation de sympathie, en faisant le pari de pouvoir vivre par lui-même, et sans besoin de « fausse sympathie ». Alors sur ce point en aparté jugeons que la nuance entre la vraie sympathie et la fausse sympathie est fine. Car la sympathie véritablement désintéressée et non calculée est bien rare, voire, exceptionnelle. En outre, un être misanthrope c’est à dire un homme qui n’aime jamais les autres sans aucune exception, pourrait très bien justifier idéologiquement de ce désamour systématique, en empruntant le vocabulaire de l’homme indépendant, lequel se refuse à la fausse sympathie (en laissant supposer qu’il connaîtrait la vraie). Quoi qu’il en soit, l’indépendant doit se rabattre sur ses propres ressources au lieu de celles des autres. Présenté sur le mode du flash de conscience salutaire qui tombe sur la tête de l’homme libre, l’indépendance est le refus de «l’instrumentalisation de l’autre», au point, d’ailleurs, que cette réaction de refus, ça caractérise sa trajectoire socio-professionnelle.  Remarquons qu’une certaine idéologie perçoit qu’au sein de la majorité des entreprises et organisations de travail bien hiérarchisées, la garantie salariale vient non pas en contrepartie de l’effort de production, mais de l’effort de soumission humiliante des masses laborieuses. Alors vivons-nous dans un monde du travail obsédé à ce point par l’établissement de rapports de domination et de soumission, d’instrumentalisation et de manipulation, là n’est pas la question, l’important c’est que l’indépendant aura fini par s’en convaincre.

mon-chef-est-trop-autoritaire-que-faire

L’indépendance, y croit, à la domination, et se situe donc en réaction, par rapport à ce fantasme d’un paiement en retour d’une soumission effective, qui pris en dehors du calcul sur la sympathie, se vit de façon  plus ou moins humiliante. Finalement, l’indépendance vient comme forme de réaction enjolivée et sublimée pour qui se confronte régulièrement en entreprise, au reproche de l’insubordination (en tant que « refus de travailler sur ordre d’un supérieur hiérarchique », et donc comme faute professionnelle caractérisée). Un indépendant, c’est un homme qualifié d’insubordonné de par son insoumission, et qui, viré du jour au lendemain, sans pouvoir toucher la moindre indemnité compensatrice, devient du coup, blacklisté, et inemployable par ailleurs. L’indépendant, n’étant pas assez sympathique, (soit parce qu’il n’est foncièrement jamais sympa, soit parce qu’il ne veut pas l’être pour des raisons idéologico-morales) n’aura personne pour le dépanner, aucun réseau sur lequel s’appuyer pour rebondir, et, pour subsister jusqu’à la saison nouvelle, est donc obligé de faire tout le boulot, tout seul. Alors voyons que dans la foulée, il doit même tout supporter (le montage d’un projet de A à Z, les échecs, les problèmes, les erreurs) sans jamais pouvoir demander conseil, ni se plaindre ou faire le moindre reproche. Impossible d’alléger le stress du travail en le transférant sur qui que ce soit. Impossible du reste, de pouvoir compter sur la force d’une organisation humaine pour abattre plus de travail et satisfaire les volumes exigés par un plus gros marché. L’indépendant est condamné aux niches, aux petits volumes, au contrats aidés, au « cheap business », avec un mince filet de sécurité, et croyant initialement augmenter sa rémunération, il commence souvent par déchanter. Car hélas, comme l’homme libre, l’indépendant finit même par rêver d’un gros coup, d’un client riche qu’il pourrait satisfaire, dans le domaine peut-être d’un produit rare et luxueux. L’impitoyable concurrence et les marges de manœuvre serrées, le feront se rabattre sur des opérations courtes, sporadiques, avec des partenaires multiples pas forcément fiables ni rentables. La réussite d’un indépendant est un chemin de complexité, de petites perspectives, pavé de difficultés perpétuelles, avec quelques étincelles de bonheur ultime où, au final, il réussit à juguler la concurrence et à trouver une niche commerciale à durée déterminée pour enfin, pouvoir se payer fièrement, de soi-même, à soi-même : un salaire minimum.

803194

Alors après ça, ne voyons au sein de cette trajectoire, aucun cynisme, aucune ironie du sort, ni même, aucune méchanceté. Disons soudain que ce qui manquerait à l’indépendant, ce n’est pas plus de sympathie, (quoi que..), c’est alors, plus probablement, non pas de prouver qu’on est « jamais aussi bien servi que par soi-même », mais bien au contraire, un sens plus développé de la coopération des savoir-faires autonomes.

La Coopération des Savoir-faires Autonomes.

Serait-ce la « troisième voie » attendue comme on attend le messie ? Aurions-nous découvert à travers ce concept paradoxal, la source de la « juste distance », du « recul nécessaire », le secret bien gardé du dosage idéal du respect de soi, et du respect des autres, du respect de son boulot, et de la reconnaissance de celui des autres ; le bon dosage, entre permanence et mouvement, satisfaction identitaire, et plaisir de l’évolution, entre répétition et variation adaptative ? Avons-nous trouvé le Graal, de la pleine conscience, de l’expression de son vrai potentiel comme de celui d’autrui ? Le bonheur du partage au nom d’un principe qui dépasse celui de la satisfaction illusoire de son égo ? Aurions-nous trouvé de quoi mettre en marche un monde industriel en panne d’inspiration humaine ? Un principe qui une fois suivi, ne nous laisse pas tomber, ni dans le travers de l’égocentrisme acharné qui veut réussir contre les autres ou sur leur dos, ou dans leur dos, ni dans celui du nihilisme libertaire d’une vie de libellule sans lendemains qui n’a rien appris, et qui ne souhaite rien retransmettre ? Aurions-nous trouvé le secret de ces profils humains, qui s’expriment sincèrement, qui ont de vraies histoires à raconter, tout en étant sérieux, et drôles, et qui contribuent à la sincérité générale, à l’honnêteté, à la justice, à la joie ? Avons-nous trouvé le secret de cet homme providentiel, qui unifie autant les avantages de l’expérience que de l’inexpérience, et qui au bout de son humanisme, de sa sagesse immanente, contribue au monde actif tel qu’il pourrait être tout en préservant le bien tel qu’il est déjà advenu ?

cooperation-clipart-compliance-clipart

Alors oui, on l’a trouvé, cet homme idéal, dont le secret est de déployer un vrai « savoir-faire » qui « coopère » de façon « autonome », … mais, en fait, cet homme providentiel n’est non seulement pas au programme de l’éducation nationale, ni au programme d’une quelconque formation professionnelle, mais en plus, statistiquement, si l’on s’attend pourtant à le voir arriver au coin de la rue, on ne le trouve exactement nulle part, il doit bien y avoir une vague raison.

4320_g

Car finalement, cet homme qui collerait magiquement d’emblée au slogan fondateur du moindre projet d’entreprise, cet homme-là n’a probablement pas dû rester parmi nous très longtemps pour nous faire croire qu’il n’était pas qu’un exemplaire unique perdu au milieu de millions de profils contraires.

Je veux dire : déjà, à partir du programme idéologique qu’on fait aux jeunes, sur le plan éducatif et institutionnel, peut-on espérer qu’après 18 ans et fraîchement diplômé pour vendre sans scrupules des produits foireux aux ménagères de 40 ans, un jeune puisse marcher sur les mains, puis, sur la tête, et pourquoi pas, sur l’eau ?

maxresdefault

Au mieux, il finirait avec deux années de pratique de vente, au summum de son art, par avancer en boitant, sur le plan humain.

Que demander de miraculeux en terme de savoir être à qui ne peut de par la culture hystérique du gain immédiat qu’on lui a faite jusque-là, que partir et revenir sans cesse, dans une bohème sans nom volant aux quatre vents des feuilles mortes que sont ses fiches de paie affichant des primes de précarité ?

xvm46923dc6-6cb6-11e5-8495-35263dadf067

 

Que prévoir de mieux que le faire tourner en rond au sein des nouvelles usines du secteur tertiaire où l’absence non planifiée succède à l’ennui programmé ? N’a-t-on pas abandonné l’idée même de la coopération et de l’autonomie, au profit de profils individualistes, qui dans leur plus profonde fraîcheur, ne développent aucune distance critique ? N’a-t-on pas élaboré des managements basés sur l’imposition d’une parole scriptée au service d’une procédure stéréotypée ? Parole scriptée bancale, anti-naturelle, pondue pour des sociétés donneuses d’ordre bohèmes, qui vivent sur le vent, sur le baratin formaté, qui surfent sur des modèles économiques d’argumentaires commerciaux inhabités, morts, dysfonctionnels, sans lendemains, qui surchargent et exploitent de la façon la plus drue l’énergie vocale d’ados résolument attardés dans « l’instant présent »?

stress-au-travail_4085380

L’homme d’expérience, compétent, autonome, et qui coopère : le trouve-t-on jamais dans nos quotidiens infantilisants, boostés aux hormones, qui s’affairent à faire exécuter des programmes commerciaux à des gens qu’on prend au mieux pour des serveurs vocaux artificiellement interactifs ? A-t-on jamais prévu la moindre autonomie de pensée au sein d’un open space bruiteux, double écouté, micro-managé, truffé de capteurs et d’indicateurs clés contradictoires les uns avec les autres, où la performance individuelle bridée par une convention collective au rabais, est surveillée et punie, et s’additionne avec les autres performances, sans jamais coopérer avec rien d’autre qu’elle-même ?

Une fois embauché sur un CV retouché et une motivation de surface, l’homme du tertiaire réel, si tant est qu’il veuille développer son autonomie et sa coopération, est payé pour suivre des procédures improbables, à la lettre, en se sachant toujours sur la sellette, s’il commet la moindre manifestation de pensée personnelle. N’a-t-il pas vite l’impression lui-même de devoir marcher sur les mains, puis sur la tête, avant de finir par devoir avancer en boitant, tout en ayant l’obligation d’arborer un optimisme souriant décalé ?

depression

Cet homme jeune, choisi exprès pour sa fraîcheur, surveillé et puni, n’aura même ni le temps, ni les moyens, de devenir cet « idéal » imaginaire, d’un homme qui coopère, aussi improbablement équilibré qu’heureux dans sa modération, au sein d’une entreprise qui s’empresse de le formater comme on formate des œufs de poules élevées en batterie, et dont les formes sont carrées.

220px-2_half_cubic_egg

Se poser des questions de luxe. Ou du luxe de se poser des questions.

Avez-vous déjà vu des poules entassées dans des hangars fermiers industriels, pondre des œufs carrés et faire acte de philosophie ?

cropped-racicot2

Fort heureusement, la barrière du langage nous interdit de pouvoir répondre à cette question saugrenue. Car ne sachant pas comment les volailles d’élevage communiquent exactement, il nous sera difficile de déterminer au sein de leur brouhaha ce que leurs bruit et leurs regards ronds et alertes signifient. Les poulets industriels, parlent-ils de leurs graines ? De la qualité du grain ? De la quantité qu’il leur est fournie ? Du confort de leurs environnement ? Les poulets parlent-ils de leur castration inaugurale ? Des dangers imaginaires situés au delà des murs ? Dissertent-t-ils du sens d’une vie d’élevage ? Dissertent-ils de la nécessité du clonage comme prélude à leur vie ou font-ils l’hypothèse de l’existence et du rôle des poules dans la reproduction de nouveaux poulets ? Que disent-ils de la liberté ? De l’indépendance ? De l’autonomie ? Des poulets ont-ils remarqué que les hommes divins pourvoyaient à leurs besoins, et assuraient ordre et sécurité contre les dangers extérieurs ? Imaginent-ils que les hommes si bons avec eux, les conduisent dans un jardin d’Éden une fois atteint un certain âge ? Dissertent-ils sur la condition d’esclave ? Sur la lutte finale ? Sur un jour d’apocalypse où s’exprimerait une dialectique du renversement des fermiers par leur propre élevage ? Espèrent-ils qu’un poulet providentiel saura leur montrer la sortie et les guidera vers la lumière blanche, au fond du couloir gauche jouxtant le hangar principal ?

Conveyor of chickens

Qu’ils tiennent des propos plus terre à terre ou qu’ils entament des considérations touchant au mystère de l’existence industrielle, nous n’en saurons rien : car quoi qu’ils en disent, personne ne pourra comprendre ni entendre le sens du langage poulailler.  Et les poules, se plaignent-t-elles des cadences de ponte ? De la climatisation ? Du chauffage ambiant ? Revendiquent-elles de connaître le destin de leurs œufs ? Souhaitent-elles qu’on fasse des concours du plus bel œuf et de gagner des challenges, des prix ? Demandent-elles qu’on leur permette de pondre des œufs triangulaires ? Ont-elles élu une déléguée pour s’adresser aux hommes ? Comparent-elles la quantité de graines qu’elles ont avec les poulets, ou considèrent-elles comme injustes la différence des portions alimentaires entre elles et les poulets ? Ou se demandent-elles ce qu’elles font là, quel est le sens de leur vies ? Se demandent-elles comment les hommes ont été pondus et par qui ? Rêvent-elles de grands espaces imaginaires ? Rêvent-elles d’une poule ayant réussi à voler au delà des murs ? Se demandent-elles si la terre a une forme d’œuf et si le monde entier a lui-même été pondu par une poule géante ?

Mais soudain, une inquiétude nous vient, car quoi que ces poules aient pu en dire : cela n’aura pas changé grand chose à leur destin, et du coup, leur éventuel questionnement philosophique nous apparaît comme un luxe, futile, et vain.

Et si l’homme moderne happé par une vie active, dans le secteur tertiaire, volontiers assimilé au travail de bétail serré et rangé en batterie, se posait lui-même des questions sur sa condition existentielle, sur sa liberté, sur son indépendance, sur son autonomie, trouverait-il au bout de ses questions le moindre changement ?

Du prêt à penser au prêt à paraître

Ne désespérons pas sur nos possibilités de changer, de nous développer, si ce n’est socialement, au moins, personnellement.

liberte

L’image d’un homme ayant le temps de se former à devenir meilleur qu’il ne l’est déjà, nous est tendue par les vendeurs de développement personnel, qui vont nous revendre du prêt-à-paraître : revendre du prêt-à-paraître, à un marché de dupes, et ce, au travers d’une série de stages de développement personnel hors de prix, où l’on apprend à « savoir paraître » (à défaut d’avoir jamais eu le temps et la possibilité d’apprendre à savoir être). Oui, car seul un lavage de cerveau en bonne et due forme, serait en mesure de moduler le vrai « savoir être » en profondeur dans le temps imparti par le stage de formation.

Disons que pour soutenir ce paradoxe fondant le slogan de toute entreprise humaine au service d’une idiotie commerciale, il faut pouvoir développer des hautes qualités humaines souvent improbables car trop subtiles pour rentrer de toutes façons dans les critères d’un programme de vente en masse lui-même mal fichu.

Et pour supporter toute l’imbécilité frénétique que suppose l’industrie de la parole commerciale, il faut développer des hautes compétences humaines, déjà, en  modération, qui déjà, ne sont pas innées, mais forcément acquises par l’expérience. Et pour payer l’acquis, (car cela se paie), il faut déjà avoir assez de moyens, de revenus : car en gros, le savoir paraître idéal, c’est un luxe qui coute la valeur de quatre mois de salaire. Alors passons outre cette injustice qui veut que les hommes qui passent par la case développement personnel pour mieux vivre en open space, ceux qui en auraient le plus besoin, sont ceux qui en ont le moins les moyens économiques. Disons pour résumer une série de stages dispendieux, qu’il faut pouvoir se payer les bonnes questions, pour pouvoir produire en retour ses bonnes réponses. Lesquelles ne pourront de toutes façons pas forcément « amortir » l’investissement qu’aura pu représenter l’art de poser des questions, au départ.

Alors pourquoi pas vous proposer un échantillon gratuit et sans engagement, de question existentielle pour qui travaille en batterie ?

Par exemple.

Comment coopérer avec autrui, en ayant un job qui n’implique que soi ? Comment coopérer en n’ayant de soi et de son travail aucune image ou idée claire, et en ne donnant pas de soi une image claire, tant sur sur son être, sur ses actes, sur son savoir faire ? Comment ajuster si nécessaire, sa coopération, en étant soi-même trop rigide, dans son image ? Comment être autonome en étant tout le temps surveillé ? Comment coopérer, en ignorant les autres ou même en reniant leur capacité à coopérer ? Communiquer est-ce transmettre des ordres et écouter, est-ce obéir ? Comment être respecté pour son travail, tout en acceptant l’idée que ce travail n’ait de sens qu’à être rapporté à d’autres travaux, et à être modulé en fonction d’un but changeant, situé au-delà de son périmètre ? Comment s’engager et sur quoi s’engager sur le long terme, si, le long terme n’est qu’une suite d’événements sans histoire, changeants tout le temps, et globalement contradictoires ? Comment se satisfaire d’une histoire qui se répète trop ? Ou à contrario, d’un scénario qui à force de cumuler les rebondissements imprévus et  les contrepieds, n’a plus aucun sens, au point de tomber dans la catégorie du grand n’importe-quoi  ? Comment et  pourquoi, vivre ses valeurs humaines réelles, faire vivre ses valeurs humaines réelles, et les partager, dans un  environnement qui, résolument agrippé à la fluctuation artificielle du prix de tout, s’en moque à l’infini ? Peut-on ou doit-on cultiver ses valeurs, sans pouvoir les partager ? Faut-il les imposer ? Faut-il les proposer ? Faut-il les exposer ? Faut-il les renier, les abolir en soi, ou même chez les autres ? Faut-il les démontrer par l’absurde ? Faut-il les apposer à côté des autres valeurs pour fabriquer une espèce de mosaïque bigarrée ?

Voilà vous venez de lire des questions de luxe. Questions qui de retour dans votre quotidien commercialisé, certes pas muet, mais souvent sourd et aveugle, n’ont pas de place et donc, ne vous apporteront qu’une maigre dignité au sein de votre destin dans l’industrie des paroles commerciales.

Et, en terme de dignité, ni l’homme libre, impuissant qui ne crée rien de lui-même et qui n’a pas d’avenir, ni même, l’homme indépendant, qui finit par tout faire tout seul, ne sauraient dignement répondre à ces questions de luxe sur le savoir vivre ensemble.

Et, en terme de digne réponse, que dire de l’homme suffisamment riche, qui pour payer son propre développement personnel, a passé sa vie à appauvrir les pauvres ? Et tout ça, pour découvrir quoi au fond de sa personne enfin plus développée ?

Une profonde aspiration à la Liberté.

libre-sans-engagement

Tête Update 2.0

17/10/2015 1 commentaire

1445039284266_20151017124535165

MAXIME LORRAI

Maxime LORRAI à Celle L'Evescault

Maxime LORRAI à Celle L’Evescault

Maxime 86 Celle L'Evescault

Maxime Lorrai à Celle L’evescault

Catégories :My Life, Photos Étiquettes : ,

Copdafly : fin de partie

01/06/2015 Commentaires fermés
drones à la maison : le légendaire policier anglosaxon siffle la fin de la partie
Catégories :DIY, My Life

Toulouse : Hors Saison

04/04/2015 Commentaires fermés

Bien que mes sœurs aient déjà visité Toulouse, et m’en avaient montré quelques photos, j’ai pris l’initiative de m’y rendre par moi-même.  Cela faisait un certain temps que je n’avais pas fait de tourisme et à vrai dire, je me tape depuis un bon mois une espèce de petite toux dont je ne sais si elle est d’origine allergique ou pas, elle me gêne, me démange, et m’empêche de me concentrer pendant une durée suffisante. Je me suis dit que  » changer d’air  » et être plus souvent à l’extérieur pouvait peut-être me faire du bien. Donc je me suis pris un gros week end prolongé de 3 jours en me disant que ça serait suffisant pour m’oxygéner autrement et voir les principaux monuments. Pour ça j’ai prix un appart’ hôtel « le Saint Exupéry » dont voici les photos de ma chambre : 11102692_10153272131909905_9048933226069224777_n

11026021_10153272132349905_2801237672329618884_n

10420142_10153272132004905_3265193470742197683_n

10559755_10153272132504905_3101290192196287624_n

… et comme vous pourrez le constater sur la dernière photo, oui : le temps était maussade, froid, pluvieux, et assez venteux je précise. La pierre de la ville entre rouge et rosé a un certain charme, visiblement elle n’est pas couverte de suie ou de moisissures. Le centre ville est très  bien aménagé, propre, soigné, l’architecture est élégante, et les rues du centres sont presque entièrement en mode « espace piéton ». La place du capitole est effectivement très majestueuse. J’ai été assez impressionné par le faste et l’aspect culturel de ce centre ville. Cependant, drapée de bourrasques humides, et d’une grisaille impitoyable, la ville avait pendant ce week end un air peu avenant et j’ai franchement du me rabattre sur un « tourisme d’intérieur », en me concentrant sur les visites de musées, et des églises ou basiliques, en profitant d’une éclaircie ou d’une accalmie pour visiter les jardins des plantes & jardin royal… Cependant, il faut le dire, « hors saison », ces jardins sont presque « dépouillés » de leur fleurs les plus belles. Quelques photos du jardin royal et du jardin des plantes :

11081222_10153273886019905_6743857477540352916_n

11115767_10153273886649905_40431575496783799_n

11081415_10153273886274905_906446480728119874_n

11053916_10153273886169905_7174065335374139666_n

11041666_10153273886779905_4350171863522488330_n

10421366_10153273886534905_8625927397726278075_n

18621_10153273887054905_3963286862637702961_n

17193_10153273886414905_7503378792136451698_n Au vu de la situation je me suis donc concentré sur l’architecture et la sculpture. Prenons par exemple, la Basilique St Sernin : 11102795_10153272167624905_2794009160722145450_n

11081121_10153272167449905_4683123140672675279_n

11014654_10153272167189905_5521888675740369411_n

En rentrant dans l’église on trouve un décorum assez similaire à celui que je vous présenterai plus tard dans la cathédrale Saint Étienne, avec sur un mur situé plus au fond, la préservation des peintures d’origine (un peu délavées par le temps mais qui donnent une idée des pigments et de l’extrême coloration du monument à l’origine) :

11080968_10153272167964905_86360683508803736_n

Ce sanctuaire abrite les reliques de Saint Saturnin. Et en ce qui concerne les reliques, je n’ai jamais vu en allant vers la crypte autant de coffres aussi rutilants et aussi bien fichus. 11091552_10153272147624905_1070322032117460618_n

11076220_10153272148369905_6519600087854919133_n

11075169_10153272147479905_3649015516204439698_n

10463898_10153272149439905_1655072853562158010_n

10420135_10153272147809905_5218514634056659526_n

10406779_10153272147159905_1887539037514897002_n

10402044_10153272149704905_7017871952637257052_n

10395810_10153272149079905_856509788747167636_n

10401339_10153272147919905_3404029710874243614_n

Le travail du métal, l’ornementation, la précision, font de ces niches des joyaux indépendants, on dirait des coffres renfermant des trésors mystiques. Un moment magique. Précédant cette vision : un autre chef d’œuvre : 11061246_10153272167329905_1007759509968986165_n

Tout en marbre, ce Jésus secondé de séraphins m’a initialement fait penser pendant une fraction de seconde à un bas relief du Boudha en marbre, levant sa paume, mais la posture caractéristique et les deux doigts levés vers le ciel m’auront convaincu de ma ridicule erreur. Plus à droite en levant la tête, un ex voto magnifique suspendu et visible uniquement une fois par an lors des célébrations consacrées : 11084294_10153272164829905_5655675232578575715_n

Quel dommage que je n’ai pu partager dans l’instant avec qui que ce soit, l’émerveillement subit de cette vision d’une « salle aux trésors » vierge, intacte, préservée. Un autre lieu tout à fait intéressant, fut le musée des augustins. On s’y introduit par une grande porte menant sur un cloitre intérieur lequel donne sur des sous-sections qui globalement forment des mini musées et mini visites indépendants : 11081255_10153268832554905_4134522679060664322_n

11081086_10153268832879905_4706688625386728147_n

11070972_10153268832429905_4192564209747263637_n

13205_10153268832794905_3583367592855002518_n

On découvre par exemple, derrière une porte, un « musée des arts gothiques ». je me suis intéressé bien sûr aux nervures spécifiques sur les voutes recouvrant ce musée, effectivement très gothiques dans leur conception : 11088629_10153268849479905_7233945832974403126_n

…avec au sol une série de bas reliefs, et de réalisations sculptées étonnantes. Je ne montre ici pas tout, je vous invite à vous y rendre. Vous trouverez au fond une réalisation encore plus étonnante. 10427252_10153268863259905_9144072832137664351_n

10463931_10153268864369905_5459896267741828652_n

17191_10153268863449905_6413128542245391874_n

10320596_10153268864109905_2407889768618816033_n

11027126_10153268863909905_2935539480753670709_n

11063766_10153268863649905_779899609924803286_n

11076206_10153272144574905_1580201191320890319_n

Je suis ta mère

Le musée des augustins est un lieu idéal pour badiner ou vivre des sentiments naissants ou des émois naissants. Le cadre de départ, souvent peu éclairé, fournit toutes sortes de visions estompées. Les allées bordant les cloitres sont peu fréquentées, du moins hors saison, on peut s’asseoir à deux sur les grands rebords de pierre. Le lieu est à la fois public, et à la fois assez intime, l’aspect naturel / floral de l’intérieur du cloitre y est probablement pour quelque chose.Aussi, cette exposition est souvent désertée par le public et même pratiquement pas surveillée : c’est le lieu idéal pour que quelque chose advienne : 11079522_10153272167759905_3405356836979891070_n

Je retiens ce lieu pour l’exploitation romantique qui peut en être faite. Et dans le cas où l’esprit aurait besoin d’une certaine imagination, le musée débouche au niveau des étages supérieurs, sur une collection de peintures et de sculptures parfois d’une sensualité remarquables. 11094688_10153272140759905_1832976177686745318_n

11084301_10153272140619905_2266445310031156272_n

11074158_10153268861049905_5322400741846744349_n

10981798_10153272140064905_8106435204904681610_n

10483836_10153272137869905_6827000194530816476_n 10384097_10153272140459905_1080125339508093686_n 18402_10153272137964905_7411835137039240726_n 13114_10153268861499905_2642391569823593416_n 13077_10153272138074905_2086747084121692393_n 10410957_10153272138254905_8857550208336213619_n 11008563_10153272140204905_690349260780387404_n 11081200_10153272138404905_3566930169373442057_n … là encore je ne vous montre pas tout, juste certaines statues, ou quelques bas reliefs, la statue du baiser d’ailleurs à l’identique copiée en marbre blanc, et disposée au niveau du « jardin des plantes » situé plus au sud du centre ville. Le musée est d’ailleurs doté d’une église intérieure. 17653_10153268849269905_1935567147976348607_n Cette église hélas est en partie « en rénovation » mais disposant d’une collection de statues et de bustes très vivantes. 10392277_10153268848324905_8120389018892693260_n

11055393_10153268863069905_8639977605015176174_n

10375909_10153268858754905_3378109825398291546_n

644454_10153268858899905_1407511469723602244_n

16884_10153268859644905_5588922182274068441_n

247191_10153268859404905_9101196821939777827_n

1484686_10153268860404905_8603271584470941471_n

10403654_10153268860024905_88638147362853834_n

11096380_10153268859124905_7834041555864454805_n

11110455_10153268859249905_2818221546679369550_n

11112562_10153268859024905_7135819626577324002_n

11060101_10153268848139905_577716314949696545_n

Enfin, vivantes, elle ne l’étaient pas. Mais, n’est-il pas étonnant de penser que spontanément, je les ai perçues comme étant vivantes ? Si j’étais un romancier de l’antiquité gréco-latine je dirais que ces statues sont des personnes qui, jetant un regard malheureux sur la Gorgone, se sont retrouvées pétrifiées devant elle. D’ailleurs, c’est peut-être ceci qu’on peut dire quant à la laideur de la Gorgone, c’est qu’elle pétrifie les personnes qui la regardent tout comme seraient pétrifiés des héros, devant la beauté d’une déesse. Remarquons que l’orgue de cette église est d’ailleurs remarquablement beau. Il est tout à fait bien éclairé. La symétrie de sa structure est parfaite. Je suis resté quelques minutes sans bouger, immobile, parmi les autres statues, attendant on ne sait quoi, peut-être avais-je la prescience de ce que l’orgue pouvait jouer pour moi. La beauté au fond, ne produit-elle pas exactement la même fascination que la laideur ? 11076174_10153268849039905_1205973266250608363_n

D’ailleurs, faisant retour vers St Sernin, on peut y trouver un autre musée lui-aussi blindé de statues plutôt romaines pour le coup, dont certaines semblent très apaisées malgré des yeux sans pupilles. D’autres plus inquiétantes, avec une fixité dans l’œil qui m’interpelle. Regardez avec votre œil fixe : soit un regard vide, soit la fixité de l’œil piégée sur certains modèles : 11084256_10153272151919905_6354518053029468738_n

11082672_10153272152474905_600409661987245194_n

11081319_10153272151434905_1028753628344439824_n

11081309_10153272150954905_7818422460644765497_n

11080946_10153272152034905_7564262810926726647_n

10944824_10153272152334905_1893736146544749429_n

10422332_10153272151784905_9171569507824762202_n

603776_10153272151299905_8705488120855741782_n

22106_10153272152129905_4838341150098678307_n

18800_10153272151714905_2825501529230392368_n

15553_10153272152234905_4040337619340170405_n

Au fond : la fixité de l’œil, c’est celle d’un modèle qui veut savoir si la pose qu’il prend ou l’air qu’il a produit bien l’effet recherché. Cela m’est arrivé d’observer une fixité partielle dans mes yeux, lorsque je m’entrainais à me prendre en vidéo. Tout en voulant savoir si je passais bien ou si j’exprimais bien l’attitude adéquate, je ne pouvais m’empêcher de contrôler du regard l’impression que je faisais dans le retour vidéo. Mais disons que, ne pas pouvoir se détacher de ce rétro-contrôle, souligne bien l’obsession qui peut-être la nôtre, de ne pas laisser les autres nous voir tels que nous ne voulons pas qu’ils nous voient. Pouvons-nous nous révéler à ce point dans le regard d’autrui qu’à la limite nous choisissons alors de ne pas les regarder dans les yeux plus de deux secondes ? La visite de l’église « Saint Etienne » – pardon, la cathédrale – située toujours au centre, fut un moment particulièrement introspectif. J’y suis allé juste pour observer comment la lumière traversait les vitraux de la rosace. 10363609_10153272165069905_4588157895738693681_n

Mais la luminosité n’était pas suffisante pour créer cet effet de blocs de rayons de couleurs transperçant l’espace. Je me suis alors concentré sur autre chose, je me suis aperçu que cette cathédrale était dotée d’une allée centrale bordée d’un travail boisé magnifique. On retrouve d’ailleurs un genre d’artisanat similaire au cœur de la basilique de Saint Sernin. 10940985_10153272165209905_4720394105480182024_n

11081113_10153272165444905_5472662398408862439_n

Par contre,  je n’ai pas trop compris en quoi la chapelle Saint Étienne, située presque « au fond à gauche » n’avait pas été mieux mise en valeur. J’éprouve une certaine incompréhension vis à vis de ce traitement particulièrement injuste du saint ayant donné son nom à cette cathédrale. La chapelle est comme emprisonnée par des barreaux si hauts, si épais, et si peu espacés les uns des autres, que le face à face donne à peu près ceci : 11082509_10153272165679905_2715701701434585437_n

Imaginez-vous essayer de franchir par le haut ces barreaux pour vous retrouver empalés sur les pics suivants : 11078171_10153272165599905_5580118844915944591_n

Jésus, à la limite, n’est pratiquement jamais coupé des fidèles comme certains saints dans certaines chapelles. 11096507_10153272163389905_5775629933996507442_n

13222_10153272164674905_4214413061436022160_n

J’ai essayé plusieurs types d’exposition et plusieurs modes de rendus. 11102710_10153272164934905_4809086372434927607_n

Pour revenir à la cathédrale, elle est dotée d’un orgue située dans le fond opposé, magnifique, posé contre le mur, d’ailleurs, il en impose surtout lorsqu’on est situé dessous. Il semble comme en équilibre sur la pierre centrale qui le supporte. Il donne le sentiment de pouvoir tomber facilement (mais ce n’est qu’une impression). 11100235_10153272164079905_1446715168997423097_n

Le travail au bois est franchement exceptionnel. Je me demande si ce n’est pas finalement,le véritable joyau de cette église que cette allée centrale boisée couverte de sièges avec ces accoudoirs uniques pour chaque siège. 11102793_10153272165304905_8005927431504490100_n

Un rare rayon de soleil plus direct, dont j’ai pu profiter in extremis. 11081179_10153272163999905_2542924024536361718_n

Ce qui suscitait mon introspection, c’est le contraste entre l’amour sacrificiel, rebelle à la loi impérialiste, absolu, intemporel, promu par l’édifice, et la réalité sociale : où l’amour est devenu une rencontre formatée. Une rencontre prudente, qui suit un sentier balisé, à caser dans le créneau d’un emploi du temps social, une rencontre avec un début un milieu et une fin… face à l’éternité d’une bonne parole qui émerge, qui se dégage de la chair qui souffre et s’abandonne pour l’autre, au point de ne plus former qu’un symbole. Face à ces figures du grand amour transcendant, qui lâchent tout, qui souffrent tout, qui vont jusqu’au bout, nos égos pleins de peurs qui veulent aimer dans le confort, la bonne humeur, et avec le sourire, font pâle figure. La nature des relations sentimentales est pourtant toujours hantée par la certitude d’un absolu qui dépasse les limites. Et comment peut-il même s’exprimer jamais, au dehors, dans ces rues bardées d’affiches publicitaires souriantes, qui vendent un bien-être inquiet ? Je me suis dit qu’une relation ne pouvait pas être « profonde » à ne pas être « assez » spirituelle. Qu’on ne pouvait pas juste espérer « partager des moments de bonheur » en se contentant d’une vie épousant les préceptes de la société de consommation, qui n’a pas d’histoire humaine, et qui n’en raconte aucune.

10425849_10153272163584905_1471738438067437575_n

Sommes nous aujourd’hui assez forts pour concevoir en nous et entre nous une « vie éternelle » ? 22195_10153272163864905_9045809189939455144_n

Qu’est-ce qui est éternel ? Qu’est-ce qui peut et va mourir ? 1535011_10153272165829905_1414107284764754814_n

Nos petits cœurs battent toujours au présent. Après tout, l’instant présent, c’est la seule chose qui existe. Le passé est déjà mort. L’avenir n’est qu’une suite de probabilités qu’on n’aura pas toutes choisies. Et le petit cœur qui bat, il bat avec un rythme qui n’a pas de rapport avec le rythme de l’horloge sociale. Comment faire pour que le temps du cœur libre qui n’est pas un « employé », cesse de courir après l’emploi du temps social ? Laissons un cierge allumé pour que le battement des petits cœurs soit plus fort que celui des horloges qui courent après le temps social, le temps qui s’emploie à faire de l’argent. 10400770_10153272164214905_3162774261590139313_n

Pour finir mon voyage, je suis remonté dans le temps, au fin fond des âges de la terre, avant la séparation des continents. Dans les temps dits géologiques. Où le minéral supplantait le végétal, et l’animal fossilisé en lui, puis du temps où le végétal dominait tant sur l’animal que l’animal n’avait qu’à chercher l’abondance à ses pieds. 11119822_10153273905559905_3857451677871163975_n

10418468_10153273905654905_5738521732460337473_n

11081115_10153273904954905_3667813600725562231_n

11026117_10153273905784905_1766279720709788436_n

1484693_10153273905369905_4332864695339676193_n

20983_10153273905134905_6444462291172306243_n

Les formes géométriques comme triangles, pyramides, losanges, le cube par exemple, sont déjà présentes dans les cristaux. Les « idées pures » de Platon ? Les mathématiques ? Déjà produites et disponibles à l’état naturel. 11127815_10153273916739905_1831102303026391032_n  11091344_10153273917169905_7216981296734669815_n

11062038_10153273917879905_2834044392607040153_n

11041820_10153273916924905_7576928009955093557_n

11026095_10153273917634905_3243725607340711632_n  11010536_10153273917769905_8354336731068810474_n

10985341_10153273917989905_1820573301289345716_n

10649520_10153273916624905_7284360009700023610_n

11050169_10153273896474905_5860359192588311634_n

11121116_10153273896649905_4614925935137106834_n

18083_10153273896774905_3064164587997472270_n

11008830_10153273897309905_8686068814306148173_n

11127802_10153273897204905_1868307501853682825_n

11041727_10153273896329905_8102573459791298233_n  11011278_10153273897684905_7620441285979142109_n

11099993_10153273897019905_3285320969059722347_n    19800_10153273896924905_6732717323510416824_n  11078184_10153273896189905_1571384270196223583_n

Ma visite du muséum d’histoire naturelle s’achève avec l’observation d’une étonnante collection de peluches très réalistes classées par catégories, espèces, taille, couleur, un formidable travail d’organisation dont le muséum nous donne un aperçu dont voici quelques exemples : 11102937_10153273926194905_5211495481788611102_n

11095512_10153273925144905_3602806141514223247_n

11080978_10153273925654905_8890826076550930022_n

11046414_10153273926769905_5958172768434002219_n

11032763_10153273927744905_4776215246214519506_n

11010005_10153273926614905_4647825834453644660_n

10984299_10153273927929905_5147589345353198548_n

10475892_10153273924919905_5687630052672904806_n

10469864_10153273924799905_7405599093107852039_n

10430832_10153273927449905_1676113026977011794_n

10172735_10153273925049905_3258020426598685042_n

20872_10153273927199905_1466310817162690334_n

10995642_10153273927054905_3437916468489517607_n

11065922_10153273924644905_5744777459146140291_n

Devant une telle profusion et une telle diversité dont on n’a d’ailleurs qu’un aperçu limité, je me suis demandé si un jour, une espèce plus évoluée aurait l’audace de nous empailler pour nous caser à côté des peluches. 11102925_10153273925919905_8643149876949337889_n

J’avais tellement de peine pour toutes ces bêtes à poil que je suis parti m’aérer dans le jardin où j’ai pu trouver enfin ce que je cherchais dans l’histoire naturelle : non pas la photographie – si réaliste soit-elle – d’une nature morte, mais les tribulations d’un couple vivant. Ce fut un couple de paons, habitant les jardins adjacents au muséum, qui fut le seul laissé vivant de cette histoire naturelle offerte à mes yeux : 1908156_10153273928129905_8873385944386903436_n

11041666_10153273886779905_4350171863522488330_n

11088552_10153273928014905_7924151991543952683_n

Ouf, mieux vaut tard que jamais, j’ai bien eu peur qu’aucun couple vivant naturellement, n’existât dans cette ville. Je me suis mis à les poursuivre, ils tournaient autour de la statue blanche du « baiser ». J’eus un moment la crainte qu’ils ne me fuient. Ce qui ne fut pas le cas. Probablement habitués à la présence humaine, ils ne s’éloignaient presque pas.  Je me suis dit qu’il fallait que je quitte cette ville en restant sur cette dernière impression positive.

Ma toux ne s’est pas perdue à Toulouse. Provoquer une rémission en utilisant un petit jeu de mot, fut une technique médicale probablement un peu trop naïve. J’ai ramassé mes affaires et en saluant le réceptionniste de l’hôtel, je me suis promis de dégoter un rencart pour un tête à tête avec mon ORL.

Je ne connaissais Toulouse que par la chanson de Claude Nougarro, enfant du pays. Cette ville est assez fidèle à ce qu’on en dit, finalement. Elle a un potentiel. Mais, il ne faut probablement pas en attendre des miracles, surtout hors saison. J’ai repris le TGV de la Gare Matabiau vers Bordeau puis de Bordeau vers Poitiers en me laissant bercer sur mon siège par la playlist du chanteur, que j’ai redécouverte à l’occasion. D’ailleurs, ce n’est pas tant la chanson « Toulouse » qui m’est resté en tête, c’est plutôt :

Catégories :My Life Étiquettes : , , , , ,