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Des ombres aux yeux rouge-vif

13/07/2012 Commentaires fermés

Et si au lieu d’utiliser des échantillons d’instruments conventionnels je me servais des bruits de ma maison ? (tondeuse qui démarre, boule de yin-yang, impact de verres, de casseroles, cuillers, douche, interférences de téléphone sans fil, bip de ventilo, pièce de monnaie qui tourne, souffle dans bouteille, tue mouches, pshit de dégivrage, porte de garage automatique…). Ce genre d’exercice promet souvent la venue au monde de pistes très « ambient » et souvent « dark ambient » si les sons enregistrés ne sont pas « naturels » ou « biologiques » ; il est plus facile de créer des fonds lugubres à partir de grincements de portes échoïques, ou de grillages au ralentit. Mais j’avais en tête quelque chose d’un poil plus mélodique qu’un fond ambiant lugubre simple.

J’ai donc passé quelques heures tôt le matin chez moi, pour y enregistrer des sons divers et variés avec le microphone Stéréo de mon JVC camcorder HD. La vidéo dure bien plus de 20 minutes, et une fois convertie en fichier WAV sans vidéo, le tout fait bien 95 mb de sons exploitables. Mais, ce n’est pas le tout d’enregistrer des sons en ((stéréo)), il faut ensuite bien entendu les isoler, un par un, puis les nommer, les classer, les trier, puis aussi, les filtrer, puisqu’au cas où vous ne vous en seriez pas aperçus, les sons sont dès l’origine gâchés par toutes sortes de bruits de fonds blancs, très légers certes mais qui une fois amplifiés et placés au sein d’un arrangement, se feront inéluctablement entendre. Donc bien entendu on utilise des filtres passe haut ou passe bas, en fonction, un device nommé *gater : le genre d’engin coupe les sons dont le volume n’excède pas x dB. La phase d’enregistrement et d’isolation des sons utiles m’a quand même bien pris 12 heures de travail bref : une petite journée.

Cette phase préparatoire est un brin longuette, je vous ai habitué à plus rapide, mais le résultat, c’est qu’une fois les échantillons correctement préparés, j’ai pu faire l’arrangement en un temps record (4 heures). Il s’agit d’une sorte de slow électronique à base de bruits domestiques, d’humeur un peu étrange mais rien de bien terrifiant. La vidéo de l’arrangement définitif qui suit est divisée en deux parties, la première vous présente les sons enregistrés qui ont été sélectionnés, puis donc, leur utilisation directe au sein d’un arrangement complet.

– youtube est trop lent ? essayez dailymotion !

Je ne vous cache pas que si le thème est sympathique et si la piste vous présente quelques effets nouveaux, j’ai eu de la peine à produire un mix « cohésif » ainsi qu’une présence sonore suffisante sur les basses. Normalement, je devrais rajouter une sub-bass pour donner du corps et centrer les graves afin d’éviter toute dispersion stéréophonique du mix. Je ne l’ai cependant pas fait, d’une part sur le coup de l’urgence, car je n’avais que 4 heures devant moi, et d’autre part parce qu’aucun sample maison enregistré n’était assez exploitable en tant que sub-bass. Pour en faire, il faut simplement disposer d’une onde sinusoïdale « parfaite », et rien dans le matériel dont je disposait ne collait, d’une façon ou d’une autre. J’ai donc du à regret m’en passer.

Si votre bande passante vous interdit toute lecture vidéo, vous pouvez écouter le résultat en mP3 128kbits ici :

Et comme toujours, vous pouvez télécharger pour étude le fichier source de la musique au format .xrns ici ou . Merci pour votre lecture, et @ bientôt !

MAXIME LORRAI - Jump scare

Maxime

Time Laaapse

24/01/2012 Commentaires fermés

Je ne vous avais même pas dit que je béta-testais activement la dernière version de Renoise, la 2.8. Pour l’instant, nous en somme à la 2.8.b6, la RC1 s’approche fermement. Cette version ne propose à première vue sur le papier pas grand chose d’extraordinaires ni de renversant, en termes d’effets sonores ou de processeurs digitaux de signal.

Cependant, la version est truffée de myriades d’améliorations, surtout ergonomiques, qui rendent le travail encore plus fluide, encore plus simple, encore plus rapide, bref : l’interface a été repensée pour devenir plus efficace. Font ainsi leurs apparitions des fonctions qui sont restées longtemps dans les rêves des utilisateurs assidus, en particulier ceux dont les compos forment des orchestrations nécessitant en moyenne 60 pistes : la fonction « track grouping », qui permet de disposer les pistes dans un groupe, et de grouper les groupes eux-mêmes dans d’autres groupes, à la façon des poupées russes et sous plus de 6 sous-niveaux imbriqués. En plus de ces fonctions, les pistes une fois abouties peuvent être réduites, elles peuvent de même être colorisées. De la sorte, se repérer rapidement et efficacement au sein d’orchestrations complexes n’est plus un cauchemar, un artiste dote d’un tant soit peu de sens d’organisation structure son plan de travail en logiques de groupes colorés, clairement définis. Améliorations notables aussi niveau mastering, le spectrum anayser se rapproche de quelque chose d’utile. Il s’agrémente d’un mode de comparaison du spectre entre pistes, fort pratique, ainsi que de modes de visualisations du spectre en histogrammes, polychromiques, ou en monochrome. Le phase meter est enfin utilisable,  bref, la qualité de la masterisation va monter d’un cran. L’éditeur de samples intégré gère enfin parfaitement des samples stéreos qu’il édite dans chaque canal séparément. Les fenêtres des enveloppes d’instrument ont été rendues détachables, maximisables, ou même flottantes pour quelques cas extrêmes. Alors que j’ai pu sur certains exemples précédents avouer avoir sué anormalement sur la définition de certaines courbes graphiques,  cette amélioration ergonomique me simplifie énormément le travail. Enfin les commandes de pattern, si ardues à comprendre pour les novices, ont été ré-écrites et utilisent des lettres de l’alphabet au lieu de chiffres, et pour être plus logiques ces lettres ont un rapport avec les actions à effectuer sur le sample.

Le multisend device a été repensé. Produisant quelques problèmes dans sa version initiale, il a été réhaussé de modes de lancement alternatifs, qui ne produisent plus d’inversion de phase dans la bande du milieu. Grosse surprise aussi niveau des DSP natifs, apparition d’un repeater ultra-granulaire mains néanmoins simple à utiliser, idéal au sein de l’arsenal des outils prompts à découper au nanomètre le moindre grain de sample. Malgré l’attrait dudit repeater, c’est un DSP nomme multitap, qui est la grosse sensation de cette release. C’est une sorte de delay mais à 4 niveaux, entièrement paramétrables, dotés d’un filtre pour chaque niveau, et qui m’a totalement séduit. Super nouvelle, l’exciter natif de renoise est aussi une petite bomba. Pour votre information, un exciter a pour vocation d’améliorer la netteté de certains harmoniques. On l’utilise pour revigorer les sons plats, ternes et délavés. Il est d’usage de dire que les exciters digitaux sont souvent peu performants  comparativement à leur pendant matériel analogique. On rentre là d’ailleurs à peu près dans la même rengaine que les compresseurs dont on dit que seuls les compresseurs matériels / analogiques sont capables d’aboutir au son « pro » tant recherché par les producteurs. Eh bien, l’exciter de renoise ferait presque mentir les spécialistes, tant il produit un résultat propre, clair, et sans bavures. Voici un premier exemple posté sur blip.tv (video LD) qui j’espère ne sera pas le dernier, où je présente une compo effectuée rapidement avec certaines des nouvelles fonctionnalités de la 2.8…

La vidéo du titre est dispo sur youtube (video HD) ici ou alors, faut de mieux, écouter le titre depuis mon compte soundcloud là :

A la base je souhaitais faire du dubstep minimal, mais en fait, j’ai opté pour quelque chose d’assez fort, et très peu minimal ; de toutes façons, un mix est un équilibre, et une fois que mon mix a été trouvé, je ne pouvais plus revenir en arrière, au risque de compromettre tout l’équilibre de la compo et de devoir tout recommencer à zéro. Comme d’habitude, je ne garde pas jalousement pour moi cette composition, que vous pouvez observer et analyser en téléchargeant son fichier source .xrns gratos ici.

Je vous remercie pour votre écoute, @ bientôt !

Dream

Maxime

Fouetté avec une chaîne de lames de rasoir

19/11/2011 Commentaires fermés

C’est à peu près la traduction française qu’on pourrait faire du nom du dernier machin musical que je viens de pondre sous Renoise 2.7.2 : The RazorWhip. Mon objectif était de tester mon dernier setup de mixage supposé méga-over-booster la présence sonore. On peut dire que sur ce point mes techniques de « sidechain compression » et « sidechain distorsion » ont fonctionné parfaitement en conjonction avec une compression parallèle multibande aux petits oignons. Il en résulte un son massif, « in your face« , mais en contrepartie assez rêche cependant, cette dureté et cette rugosité forment le seul bémol que je pourrais donner à cette stratégie. En tout cas je sais que je peux compter dessus si je fais un morceau qui demande un son agressif, punchy et une présence maximale.

Je ne sais pas si je compte à l’avenir renouveler l’expérience du style Dubstep (car dans ce morceau le genre musical en présence se dénomme ainsi).  Reste à retenir une astucieuse façon de créer / émuler une basse en natif sous Renoise, avec 3 oscillations subtilement détunées, et de moduler ce son de basse pour qu’il forme dans les sons aigus des sortes de « ewee ewee » vocaux humains. Ca se démarque des basses cycliques type « waw waw » du son Dubstep traditionnel. Comme d’habitude, si vous voulez étudier les combines pour produire et ce gros son, et cette espèce de bass-lead modulé spécialement, c’est gratuit et c’est par ici.

Merci pour votre écoute, et @ bientôt !

MAXIME LORRAI - Batglasses

Maxime

Vomitory of Existence

12/10/2011 Commentaires fermés

Après avoir remporté avec brio l’ancien challenge des Dead Dog Renoise Competitions, j’ai eu le droit d’en définir un nouveau. Mais vu que les participations se font plutôt maigres ces derniers temps, j’ai pris la décision de simplifier les règles au maximum. J’ai mis à disposition des artistes une sélection d’échantillons dont un composés de samples de cris de cochons et j’ai imposé l’usage du cri de cochon.

The Gruik Is Coming

Les autres instruments proposés ont été volontiers puisés dans ma section : grindcore (genre de métal extrême très underground, et surtout très marrant à écouter), ce qui constituait là une indication forte quant à la solution à apporter à ce défi. Pour une fois je n’ai pas terminé premier mais simplement premier ex aequo ce qui n’est pas somme toute trop déshonorant.

Bien sûr, comme d’habitude, si vous voulez jeter un oeil sur le .xrns, c’est par ici.

Mieux vaut être un Orc qu'un Troll

MAXIME

Inertia, [Beyond the Paralysis]

30/07/2011 Commentaires fermés

Voici mon nouveau tube de techno de supermarché. Pour lequel un nouveau concept a été introduit. Celui du « 444 », à savoir : 4 pistes, 4 instruments, 4 heures de composition maximum autorisés.

Visionnez cette vidéo sur [youtube] ou [dailymotion], ou enfin en HD sur [facebook].

C’est simple, court, brut direct, minimaliste même.

Le nom du titre fait référence à deux choses. Premièrement, inertia est un des paramètres du DSP Ringmod qu’on a vu dans un de nos précédents tutoriels (cf. Le DALEKATOR), lequel produit des transitions douces réglables entre deux modifications de fréquences. Si l’on se sert de ce DSP comme maillon nécessaire d’un synthétiseur monophonique,  ce paramètre inertia permet alors un effet de glide/glissando utile dans l’émulation d’un son de guitare électrique ou d’une basse acidifiée. En second, cet effort de limitation s’inscrit dans une réflexion partagée avec les membres de la communauté des utilisateurs de Renoise, au sujet de ce qui fait qu’on n’arrive jamais à finir une composition. Une théorie veut que c’est l’augmentation et la profusion du choix (trop de choix d’instruments, trop de possibilités, trop d’options) qui finit par induire une augmentation de l’expérimentation, du temps de pour l’hésitation ; cela finit par retarder, ou ralentir la décision, et aboutir parfois à l’inaction ce qu’on a nommé la paralysie.  En gros, plus on a de solutions, et plus c’est le syndrome de la page blanche musicale. J’ai moi-même expérimenté cette problématique du trop plein de choix en constatant qu’elle était effective. En limitant volontairement mes possibilités, j’ai pu sans complexe effectuer un travail qui peut-être n’aurait jamais pu s’entamer ou même se terminer sans cette limitation volontaire.

Si vous souhaitez télécharger le fichier .xrns de la composition, vous pouvez cliquer ICI.

Maxime Lorrai écoute de la musique en tâche de fond

Maxime

Electronic Butterflies

24/07/2011 Commentaires fermés

Bonjour,

les tutoriels, truffés de bout de pistes et de morceaux partiels, c’est bien pour la compréhension, mais un peu de musique arrangée et achevée ça soulage et c’est bon pour l’évasion.  Vu que cela fait un certain temps que je n’ai pas daigné mettre à jour mon blog dont la section Renoise, lequel a carrément évolué d’un bond entre la version 2.6 et la version 2.7, je me fais pardonner en vous sortant mes petits papillons électroniques. Comme vous pourrez le constater, c’est surtout fait à partir d’instruments VSTi virtuels, dont la plupart sont gratuits.

MAXIME LORRAI a la banane

MAXIME

Un grand MERCI pour votre écoute !